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J'accuse...

27 Février 2015 , Rédigé par c laurans

Je dénonce les chaînes de télévision adeptes : de l’information 24h/24, du « live » à en être écœuré, du sensationnel à en oublier de hiérarchiser les évènements qu’elles proposent, de laver le cerveau de ceux pour qui c’est devenu le seul média d’information.

Je dénonce internet (merveilleuse mine d’informations dans la mesure où l’on prend garde à les utiliser avec un esprit critique) de laisser se développer les réseaux sociaux sans modération, sans responsabilité, sans tempérance. Il est compliqué, sinon dangereux de limiter la liberté d’expression mais que l’on prenne garde qu’un fait non vérifié qui « traîne » sur les réseaux sociaux, de par l’extrême rapidité avec laquelle il peut être commenté exploité, détourné, ne se retourne pas contre la vérité, n’entraîne pas des interprétations mauvaises, ne contribue pas à nourrir la rumeur.

Quiconque « se promène » un tant soit peu sur ces réseaux peut se rendre compte du déchaînement de violences, de haines, de conneries que provoque un mot, une phrase tirés de leur contexte ou, plus grave, directement inventés pour la circonstance.

Je dénonce l’École d’avoir peu à peu abandonné l’apprentissage des « humanités ». De réformes en réformes, les ministres plus préoccupés de laisser leur nom attaché à un fugitif mandat, au point que leur réforme soit appliquée par leur successeur, ont conduit l’Ecole de la République sur des chemins de traverse et oublié sa fonction première qui est de former un citoyen civique, critique.

En multipliant les réformes, en modifiant les programmes scolaires par idéologie, par habitude mais surtout sous l’emprise de spécialistes que l’on peut assimiler à des gourous imbus tout aussi irresponsables, on a désappris à apprendre. En histoire où l'enjeu est considérable pour le vivre ensemble quand une partie de plus en plus importante de la population scolaire issue de l'immigration ne s'identifie plus à la nation française, on a supprimé des heures d'enseignement, on n'apprend plus la chronologie et l'élève perd la notion du temps au profit d'une illusoire continuité historique. On a trop tendance à moraliser l'histoire au lieu de se contenter, comme avant, de présenter des faits historiques qui, d'ailleurs, au fil des découvertes seront modifiés et retournés selon la mode ou les sensibilités des historiens engagés plus dans une démarche idéologique que dans une recherche de la "vérité" que l'on ne peut approcher qu'avec cinquante ans ou plus de recul !

On a décidé, un beau jour, par exemple, d’évaluer, non seulement les savoirs, ce que l’on faisait depuis Charlemagne mais aussi les savoir-faire. On a même tenté d’apprendre les savoir-faire avant les savoirs. Pour cela on a convenu de s’appuyer sur la mesure de l’atteinte des objectifs pédagogiques à l’aide de différents outils. Mais cette mesure et ces outils doivent être adaptés à la population concernée et aux connaissances à évaluer. D’une bonne intention, agréable à lire et à répéter dans les réunions pédagogiques pour impressionner l’auditoire, sont sorties des erreurs irréparables telles que, par exemple, l’introduction dans son enseignement quotidien de pratiques que l’enseignant ne maîtrisait pas. On oublie le vocabulaire de base, on demande de développer une démarche avant d’expliquer où il faut aller et, cerise sur le gâteau : on oublie systématiquement l’évaluation avant de passer à la réforme suivante !!! L’enseigné est devenu un cobaye car, avec le collège unique, l’extrême diversité de la composition des classes, de niveaux dans un même cours, les adaptations des outils sont devenus des gageures ou des cagades. Pêle-mêle, faire apprendre l’arabe à des enfants qui ne connaissaient pas bien le français, supprimer des heures de français après avoir fait tout pour éradiquer l’apprentissage du latin et du grec (cela ne date pas d’hier) au prétexte que c’était « élitiste », introduire, à l’école élémentaire, au retour de grandes vacances, les mathématiques modernes à un corps enseignant qui n’en avait jamais entendu parler, inventer de nouveaux vocables pour remplacer d’anciens qui avaient fait leur preuve, juste pour faire moderne…La liste, non exhaustive, à la Prévert est malheureusement moins drôle. Tenez, quand il valait mieux apprendre des poésies d’enfants qu’étudier nos grands poètes, s’extasier sur l’adaptation par les enfants en difficulté scolaire de chefs d’œuvres de la littérature cela a conduit, ni plus ni moins, qu’à se retrouver à élire un président de la république qui baille en lisant la Princesse de Clèves, mieux, qui est persuadé qu’une « guichetière » ne peut rien en penser et un ministre des impôts qui se permet de traiter d’illettrés tous ceux qui n’ont pas le permis de conduire. J’espère que ces « gens-là », Monsieur, ne sortent pas de l’école de la république sinon ma colère est juste.

Je dénonce l’appauvrissement, partout, sauf chez ceux qui ont un compte numéroté dans les paradis fiscaux. Humour…

Tous ceux qui ne sont pas dans cette liste ne perdent rien pour attendre !

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