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Avec LOUIS ROSTOLLAN, champion cycliste.

22 Mars 2015 , Rédigé par c laurans

C’est le récit d’un homme qui ne manque pas de cœur. Une partie de sa vie s’affiche sur les murs d’une salle des fêtes transformée, par la magie de l’amitié et du respect, pour un soir, en lieu de culte. Des photos jaunies, de vieux maillots qui sentent encore l’effort accrochés aux cimaises pour un vibrant hommage. C’est le spectacle qu’offrait la salle des fêtes de notre village ce samedi pendant que l’équipe de France de rugby se faisait étriller par des Anglais déchaînés. On fêtait une gloire locale après avoir été, tour à tour, régionale et nationale, je parle bien sûr de Louis Rostollan, dit « Loule » par ses amis ou « Pétrolette » par ses congénères.

Il est bien rare qu’une destinée, sportive ou autre, se dessine dès les premiers instants. Ce fut le cas pour Louis qui vint au cyclisme parce que « les médailles d’athlétisme ne nourrissaient pas son homme ». Louis qui deviendra un grimpeur glorieux et un descendeur hors pair, fut, à l’aurore de sa carrière, séduit par la course à pied mais c’est, peut-être, sa vocation certaine qui devait l’entraîner inévitablement vers le cyclisme où il s’illustra. Ses grandes pattes d’échassier convenaient mieux aux franchissements de cols qu’aux piétinements de cendrées. Il était fait pour voler de sommet en sommet, non pour tourner en rond dans des stades en béton.

Si, d’aventure, le hasard ou l’opportunité l’avaient conduit vers une autre destinée, gageons qu’il s’y serait signalé aussi comme un grand champion. Il sut vite se tenir en selle même si ses premiers tours de pédale rencontrèrent la colère de sa maman qui avait peur pour son intégrité physique. Mais les succès succédant aux succès, il fit vite taire ses détracteurs et entama une longue carrière que je ne vais pas revisiter ici, tant il est vrai que ceux qui n’étaient pas là, hier soir, ont eu tort.

Louis dut faire ses preuves, il s’en acquitta fort bien mais tomba sur un Anquetil qui se montra vite le chef du peloton sinon…Ma conviction c’est que Louis méritait mieux que ce rôle de « grégario » qu’il joua à la perfection pour son leader sans arrière-pensée parce que pour Louis, mesdames et messieurs, quand il se donne en amitié c’est pour de bon même si, à la fin de sa carrière, il n’en fut pas récompensé comme il le méritait (mais cela, il vaut mieux que ce soit lui qui vous le raconte et si vous le rencontrez, un de ces jours, toujours aussi grand et aussi souriant, demandez le lui !)

« Je suis trop grand pour moi » disait un personnage d’une pièce de théâtre et quoique Marseillais, Louis trouva la Provence trop étroite pour lui, pour la puissance de ses cuisses, pour son envie de monter les cols en tête, pour son plaisir de descendre comme un fou, bravant la mort en « trois ou quatre occasions » et il devint un grand.

Ils sont nombreux à se sacrifier pour un leader mais peu nombreux sont ceux qui, comme Louis, le firent avec la force de caractère qui le caractérise et qui lui permit de se sacrifier. (Je crois que, malgré tout, Anquetil était un champion qui savait remercier ses partenaires mais seul Louis peut en attester.) Il ne craignait ni la fournaise de la Crau, ni les congères des Alpes ayant accompagné les plus grands, les ayant devancé, toujours prêt à attaquer, guettant la moindre opportunité tant ses jambes le démangeaient.

Hier soir, sur le grand écran blanc, son histoire s’inscrivait et racontait la grande histoire. Le film de sa carrière reconstituée avec maestria par Serge Laurans servait de support à des interventions de Louis et sa faconde pagnolesque tempérée par des anecdotes où perçait une émotion bien compréhensible.

Nous avions eu droit au discours empreint de lyrisme et de clins d’œil du président du Vélo-Club Evasion, Jean-François Jamet jamais aussi à l’aise que lorsqu’il rend un hommage mérité à l’un de ses amis. Hervé Chatard, le maire de la commune était présent et mit en exergue la volonté, l’exemplarité du sportif. La soirée se prolongea par un apéritif copieux, délicat et servi avec bonne humeur. Une soirée qui fera date dans les animations des associations et qui a redonné un peu de voix à Gens de Pays.

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