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Les "Rafale" et puis la mort.

12 Mai 2015 , Rédigé par c laurans

Sur le petit village de Haute-Provence dont les derniers rayons d’un soleil printanier, qui arrivent de derrière la montagne Sainte Victoire, éclairent les carreaux embrasés des petites fenêtres qui font saigner les façades, tout est calme. Mon petit-fils me lit de bonnes pages du dernier ouvrage de Michel Onfray – « il faut éviter deux écueils : d’une part, le mépris de la vie et du vivant ; d’autre part, le culte de la vie et du vivant »- lorsque, du bout du bout de l’horizon, hors la vue, deux points minuscules apparaissent subrepticement. Le temps de tourner la tête, de froncer les sourcils, de mettre ma main au-dessus de mes yeux et les deux petits points se sont mués en deux taches très proches, puis avant d’avoir pu, simplement, se poser la question de savoir quel était ce phénomène qui n’avait rien de météorologique, un rugissement, une stridence à vriller les oreilles pourtant habituées aux moteurs de tronçonneuses ou de débroussailleuses, précédaient les deux taches qui s’agrandissaient à vue d’œil et qui fonçaient droit sur nous.

Mon petit-fils interrompit sa lecture lorsque les deux monstres nous survolèrent pour disparaître derrière la colline de Blé.

  • Des rafales, grand-père ! Marmonna mon fils.
  • Tu crois, mâchouillais-je !
  • Sûr, grand-père, mais ils doivent être désarmés. Ils sont en exercice.
  • Ah ! Sous mon fauteuil, un journal ouvert sur la page onze annonce la vente de 24 Rafale à l’Egypte après l’Inde ! Tout le monde s’en félicite, la France entière est derrière le Président-vendeur du Rafale. Et que l’on ne s’amuse pas à critiquer un accord qui va créer des emplois dans une France qui se place parmi les meilleurs vendeurs d’armes de guerre aux dictateurs.

Sur le petit bourg de Raftia en Afghanistan, dont les derniers rayons d’un soleil printanier, qui arrivent de derrière la montagne, éclairent les carreaux embrasés des petites fenêtres qui font saigner les façades, tout est calme. Un enfant de huit ans lit raconte sa journée à l’école. Son père et ses cinq frères et sœurs l’écoutent d’une oreille attentive car il est le seul de la famille à pouvoir aller à l’école deux jours par semaine. La maman accroupie, prépare le repas du soir. Il est 20h30 mais le temps n’a aucune importance tant les conditions de vie dans cette partie du monde instable.

Soudain, du bout du bout de l’horizon, hors la vue, deux points minuscules apparaissent subrepticement. Le temps de tourner la tête, de froncer les sourcils, de mettre ma main au-dessus des yeux et les deux petits points se sont mués en deux taches très proches, puis avant d’avoir pu, simplement, se poser la question de savoir quel était ce phénomène qui n’avait rien de météorologique, un rugissement, une stridence à vriller les oreilles pourtant habituées aux explosions et aux rafales d’armes automatiques, précédaient les deux taches qui s’agrandissaient à vue d’œil et qui fonçaient droit sur eux.

L’enfant interrompit sa lecture lorsque les deux monstres les survolèrent pour disparaître derrière les collines.

A la place de la maison, un amas de poutres enchevêtrées, une fumée noire s’échappant des ruines qui s’enflammaient, et un silence de mort. Une famille anéantie. Un dommage collatéral ? Pas vraiment ! Juste un « exploit » des Rafale.

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