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Réforme, vous avez dit : REFORME !!!

19 Mai 2015 , Rédigé par c laurans

Des personnels de l’Education Nationale sont en grève aujourd’hui à l’appel de leurs syndicats pour « défendre la qualité des enseignements dispensés à (nos) vos enfants ».

L’opération serait louable si elle apportait quelque chose au débat ou des solutions aux problèmes posés par l’Ecole de la République, or, les grèves des enseignants ne sont plus que péripéties dans la vie courte d’un ministre de l’Education, agitation de syndicats qui ne représentent qu’une minorité et anxiété chez les derniers enseignants suffisamment responsables pour penser que cela puisse servir à autre chose qu’à mécontenter les parents, faire rigoler les élèves et leur faire perdre une partie non négligeable de leur salaire.

Mais, quel que soit l’escompte que l’on attend de cette énième réforme, une chose est certaine, c’est que le statu quo est devenu intenable et qu’il est urgent de faire une véritable réforme de l’enseignement comme de la fiscalité… Il faudrait commencer, d’ailleurs par faire celle de l’école élémentaire qui a subi tant et tant de réformettes qu’elle n’est plus capable de former à la lecture et au calcul, une minorité toujours plus grande (26% !!!) et presque intenable, des enfants qui lui sont confiés.

La qualité des enseignements, le recrutement et la formation des enseignants, les effectifs, les budgets alloués, les programmes concoctés, les examens dévalorisés, l’apprentissage sous contrôle patronal dispensé pour répondre à des besoins immédiats et de piètre qualification au détriment de formations professionnelles dans des établissements publics garants de diplômes nationaux et de règles modernes pour former aux métiers d’avenir, tout est à revoir et à débattre pour que la nomination du prochain ministre de l’éducation nationale ( qui ne saurait tarder) ne soit pas encore une fois l’occasion d’une petite réforme.

Car si, depuis un siècle et demi, l’école avait montré sa capacité à faire des citoyens mieux formés on devrait en voir les résultats et en retirer les bénéfices. Or, que constate t on ?

Que les élites formées par les grandes écoles sont incapables de résoudre les problèmes qui se posent à la société moderne.

Que la «brillante » génération d’énarques au pouvoir en ce moment (au point que l’on pourrait croire à une génération spontanée de petits génies) n’est pas à même d’inverser la dégringolade mortifère que plusieurs générations de nos prestigieux « crânes d’œuf » ont mise en place et qui aboutit à transformer tout en marchandise. (ou bien…est ce une façon très intelligente de préparer leurs reconversions en prenant les bonnes décisions qui leur permettront, ensuite, d’aller « pantoufler » dans le Privé qu’ils auront contribué à renforcer par leur action quand ils étaient aux commandes du Public).

Que les entrepreneurs ont laissé la place à des profiteurs qui n’innovent ni n’inventent plus rien, se contentant de mettre leur étiquette sur des produits fabriqués par la misère du monde (si l’on fait exception des productions de luxe où la France se distingue pour une minorité de riches snobs qui ne savent se démarquer de la « masse » que parce qu’ils ont trop d’argent à dépenser et que le luxe est une des meilleurs façons d’y arriver).

Que ceux qui brillent encore par leur intelligence se mettent au service des plus fortunés pour détourner les lois qui tentent, vainement, de minimiser les inégalités de plus en plus odieuses qui font qu’un homme (moins souvent une femme) peut ramasser, empocher, rafler en un mois, ce qu’un autre ne pourra jamais gagner en une vie de labeur. On en vient presque à regretter, c’est un comble, ce capitalisme paternaliste du début du siècle précédent qui protégeait, bon gré mal gré, ses employés.

Oui, il est temps que l’école de la république fasse sa révolution dans l’intérêt des élèves sans prendre en compte les jours de chute de neige, le remplissage des parcs de loisirs, en formant ses maîtres et en les payant mieux pour faire le travail qu’on attend d’eux.

Quant à la seule réforme à faire de la maternelle à l’université, c’est de mettre un maître responsable d’un petit nombre d’élèves mais là, il faut bâillonner tous ces donneurs de leçons qui se répandent en invectives sur les fonctionnaires qui coûtent si cher, les mêmes qui se lamentent sur les résultats de la France aux enquêtes Pisar.

Le changement….ce n’est pas pour demain !

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