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Encore la GRECE !

19 Juillet 2015 , Rédigé par c laurans

« Le régime financier de la Grèce est tellement extraordinaire et ressemble si peu au nôtre, que je crois nécessaire, avant d’entrer dans les détails du budget, quelques observations générales.

La Grèce est le seul exemple d’un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance. Si la France ou l’Angleterre se trouvait seulement une année dans cette situation, on verrait des catastrophes terribles : la Grèce a vécu plus de vingt ans en paix avec la banqueroute. Tous les budgets, depuis le premier jusqu’au dernier, sont en déficit.

Lorsque, dans un pays civilisé, le budget des recettes ne suffit pas à couvrir le budget des dépenses, on y pourvoit au moyen d’un emprunt fait à l’intérieur. C’est un moyen que le gouvernement grec n’a jamais tenté. Il a fallu que les puissances protectrices* de la Grèce garantissent sa solvabilité pour qu’elle négociât un emprunt à l’extérieur.

Les ressources fournies par cet emprunt ont été gaspillées par le gouvernement sans aucun fruit pour le pays et, une fois l’argent dépensé, il a fallu que les garants par pure bienveillance en servissent les intérêts : la Grèce ne pouvait point les payer. Aujourd’hui elle renonce à l’espérance de s’acquitter jamais. Dans le cas où les trois puissances continueraient indéfiniment à payer pour elle, la Grèce ne s’en trouverait pas beaucoup mieux.

La Grèce est le seul pays civilisé où les impôts sont payés en nature.

Les riches propriétaires, qui sont en même temps des personnages influents, trouvent moyen de frustrer l’état, soit en achetant, soit en intimidant les employés mal payés, sans venir assuré, sûrs d’être destitués au premier changement de ministère. »

LA Grèce contemporaine, Edmond ABOUT, Librairie Hachette 1858.

La France ne serait donc pas le seul pays à ne pas pouvoir se réformer selon les désidératas des libéraux, la Grèce aussi !

*Le protocole de Londres (1830), signé par des représentants britanniques, français et russes, permit l'affirmation de l'indépendance grecque que la Prusse et l'Autriche autorisèrent. La France, la Russie et le Royaume-Uni, appelées « puissances protectrices », gardèrent une influence notable sur le jeune royaume (sorte de protectorat, la Grèce étant endettée à la suite de différents emprunts contractés pendant la guerre et au début de la naissance de l'État).

La Russie, intéressée au sort des Orthodoxes grecs, souhaitait de plus en plus intervenir. Les Britanniques désiraient limiter l'influence russe dans la région. Et, la France ? Quels intérêts défendait-elle ? Alimenter le Louvre en trésors antiques ? Pas seulement !

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