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La rentrée des classes en 2015 et la lettre de Mme NVB

3 Septembre 2015 , Rédigé par c laurans

La lettre de la ministre de l’Education Nationale est un appel à une école plus exigeante, plus juste, « Parce qu’elle élève chacun par le savoir et fait vivre les valeurs fondatrices de notre destin collectif, l’École est notre bien commun le plus précieux. »

Que demander de plus ? Le chemin pour y parvenir est encore long et semé d’embûches. Je ne vois pas, dans les réformes depuis un demi-siècle, que l’ON ait fait de grands progrès. Où ? Avec le collège unique ? Avec l’abaissement continu du niveau ? Avec l’abandon de l’exigence sous prétexte de libérer les compétences personnelles ?

« Quelles que soient leurs origines …/…qu’ils grandissent dans un petit village, une grande ville…/…l’école doit offrir les mêmes chances à tous. »

Village peut se passer du qualificatif « petit » comme ville celui de « grande », cela ne change, en rien, l’inégalité des chances que peuvent offrir l’école de village et les écoles de ville. Rien n’est fait pour que les élèves de l’école de village aient les mêmes possibilités d’accès à la culture, aux installations sportives, aux interventions d’association et de clubs sportifs que pour les élèves des écoles de la ville. La charge financière incombe donc, en totalité, au budget de la commune du village qui est, par définition, incommensurablement, plus réduit que celui de la ville. Pour que l’école de village offre les mêmes chances que celles de la ville, il faudrait plus qu’une phrase et de bonnes intentions.

Dans sa scolarité, l’élève de l’école de village va devoir fréquenter, dès la maternelle, les transports scolaires payants, et, plus ils graviront le cursus, plus le collège et le lycée s’éloignera de leur lieu de résidence.

« Faire progresser tous les élèves, c’est le sens de la réforme des rythmes éducatifs… »

Et l’ajout d’une cinquième matinée de classe, en maternelle, ne permet plus à des enfants entre 3 et 5 ans d’avoir une journée de coupure mais une grasse matinée en moins, qui ne visait rien moins que « d’améliorer l’acquisition des apprentissages fondamentaux ». ON rêve quand on sait les incohérences que comportent la journée, la semaine et l’année scolaire. Une réforme urgente que personne ne sait faire malgré les études, les congrès, les analyses, les commissions, tous ces machins qui tournent en bouclent dans les têtes des experts en pédagogie et biologie. Car depuis que l’on « refonde » ou « réforme » l’école, ON devrait en apercevoir quelques signes concrets, comme, par exemple, un meilleur classement aux évaluations internationales, des diplômes un peu moins dévalorisés que tous ces « bacs » inventés pour arriver à 80% d’une classe d’âge décrochant l’autorisation d’aller encombrer les bancs des amphis de facultés déboussolées qui inventent des cursus pour se faire remarquer.

« …/…signer la Charte de la Laïcité à l’école » Puissance du verbe bonnes intentions. Cela ne fait de mal à personne mais encore faudrait-il savoir se mettre d’accord sur ce que recouvre le mot laïcité. Quand à la signer, quid de tous ceux et ils seront nombreux –Dieu veuille qu’ils ne soient pas la majorité – (humour !) qui ne la signeront pas, ce qui serait, peut-être, un moindre mal quand on se souvient des réactions après l’attentat contre les journalistes de Charlie Hebdo ou, les parents d’élèves des écoles confessionnelles où la laïcité ne s’applique pas ? Infantilisant, stigmatisant mais probablement inefficace. Je n’ai pas besoin de signer cette Charte pour défendre, depuis des décennies, la laïcité dans une école, je le précise pour ceux qui l’auraient oublié « LAIQUE, GRATUITE et OBLIGATOIRE »

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