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ça ne peut pas durer comme ça...

2 Novembre 2015 , Rédigé par c laurans

J’ai rarement eu envie ou cherché à m’entremettre dans ces instants transitoires entre la vie et la mort et où tant d’hommes et de femmes vont en ayant l’air de se déplacer sans tourment, sans doute parce que ma vie professionnelle m’a tant obligé à passer des heures à parler, peut-être parce que les intermittents essais n’ont pas été couronnés de succès. Cependant, je ne cherche aucune faiblesse ou un quelconque oubli ou isolement qui me permette de les rallier pour enchaîner une partie de boules avec les anciens du village, un cours de danse ou une conversation en langue provençale à la salle polyvalente. Je les croise quand je vais accompagner mon petit-fils à l’école maternelle, moi tenant dans ma main cette petite main douce d’enfant confiant rassuré par ma présence et eux, serrant le manche de leur raquette de tennis ou le calibre 12 dans leur main qui tremble. Organiser une sortie en bus, choisir le vin du repas que l’on prendra au restaurant, je l’ai fait mais n’ayant pas réussi à faire partager mes obsessions j’ai trouvé l’exercice difficile et j’ai abandonné, en rase campagne, ne craignant pas de renoncer aux réunions des anciens d’Algérie eu égard au fait que je n’ai pas fait la guerre d’Algérie, que je n’aime pas les repas en bande alignée le long de tréteaux interminables, pas plus, d’ailleurs, que les réunions syndicales ou politiques qui vous laissent un goût amer ou une illusion qui satisfasse votre paresse ou votre ignorance. Lorsque je répare un mur de pierres sèches qui s’est écroulé lors du dernier orage qui a eu raison d’une construction plus que centenaire, ce n’est pas une émotion esthétique qui m’anime mais juste le sentiment que je touche un fragment de ce temps disparu où mes ancêtres manœuvraient, de leurs mains calleuses ou déformées par l’arthrite, ces pierres qu’ils avaient enlevées au sol ingrat, pour y semer un grain de blé et d’avoine qui, les bonnes années, en rendaient deux. Le ciel était sur leurs têtes, il y tombait souvent dessus entraînant misère et famine. De nos jours, les blondes de la météo télévisuelle ont remplacé les hirondelles qui mouchent, les chats qui font leur toilette, les grenouilles qui font illusion.

J’ai toujours pensé qu’il fallait participer à la vie sociale et donc au choix des élus de la république qui sont chargés de me représenter. J’arrive, cependant, au bout de l’exercice pour ces élections régionales où le choix qui m’est offert est de choisir entre la peste ou le choléra. Comment ne pas me sentir seul quand ceux qui pourraient me convaincre de voter pour eux ont toutes les chances de n’avoir que peu d’élus et quand certains autres me proposent d’utiliser mon vote pour élire l’ersatz pour barrer la route à l’original me rendant complice de l’éradication de ceux qui ont mon approbation ?

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