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Rester ou partir, c'est y résister ?

28 Janvier 2016 , Rédigé par c laurans

« Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir » a dit C.Taubira pour expliquer sa valse hésitation de ces derniers mois, depuis approximativement le moment où la rumeur la disait partante avec messieurs Montebourg, Hamont et Madame Filipetti.

Je ne commenterai pas le côté politique de la décision, c’est le problème d’un PS croupion qui vient, par la force des choses ou la volonté d’une femme, de perdre la dernière parole et pensée de gauche. La voie est libre pour un recentrage droitier du pouvoir en place et une course à l’échalote pour prendre des voix à une extrême droite qui dirige l’agenda politique d’une cohorte de candidats à l’investiture suprême dont le seul but est d’occuper le trône laissé vacant tous les cinq ans.

Plus intéressant est le débat sur l’avenir d’une gauche qui devra, nécessairement, déboucher sur une clarification de ce qu’est la gauche française. Plus largement, c’est de savoir si on pourra, un jour, remettre en cause le capitalisme sans se faire traiter de marxiste voire de stalinien (ce qui ne me gène nullement). Que la société industrielle se soit développée grâce à la machine servie par la main d’œuvre ouvrière qui était, pour Marx, la véritable force à produire de la valeur, personne ne le conteste, mais, comme vient de le démontrer le dernier chiffre du chômage en augmentation, ceci n’est plus vrai. L’essentiel de l’activité humaine repose sur les réseaux d’information qui anticipent même la circulation des marchandises puisqu’il est possible, par exemple, de vendre, plusieurs fois, une production de blé pas encore semé ! Grace aux robots, ce n’est plus l’homme qui crée la valeur mais le progrès technique qui contribue à laisser l’homme sur le bord de la route. Ainsi, on peut faire le choix, dans cette société mondialisée, du chômage comme nouvelle manière de gérer les flux d’actifs arrivant sur le marché du travail. Chômage structurel comme en France ou chômage déguisé comme en Angleterre ou en Allemagne où le travail est à ce point partagé et parcellisé que l’on n'a pas peur de dire qu’un ouvrier travaillant deux heures par jour, dix-huit jours par mois mais pas tous les mois de l’année, n’est plus considéré comme un chômeur.

La solution des patrons et de la droite française puis maintenant d’une gauche qui se perd, c’est de réformer le Code du Travail avec la caution d’un ancien ministre socialiste respectable qui énonce quelques règles qui ne sont déjà plus d’actualité comme les 35 heures quand ce seront les entreprises qui fixeront la durée du temps de travail et les périodes de plein emploi en fonction des besoins de l’entreprise. L’ouvrier qui était protégé par des conventions collectives négociées pas à pas et qui fixaient des règles de rémunération, des minimas, des temps de repos, un salaire horaire minimum, verra ces garanties pouvoir être remises en cause à tout moment.

C’est ici que nous retrouvons « résister en restant ou en partant ? »

La question, pour moi, ne se pose pas. Citez-moi un cas où résister en restant est positif. On ne peut être crédible, Taubira en est un parfait exemple. En quoi sa « résistance » en restant au gouvernement a-t-elle fait avancer ses idées ? En quoi la « résistance » de NKM en restant au bureau chez les Républicains a-t-elle fait bouger les lignes ? Les « résistants » qui restèrent avec Pétain ne les appellent on pas des collabos ? (Toutes choses n’étant pas égales.)

Résister c’est manifester dans la rue s’il le faut, c’est de ne pas rester l’otage d’un poste, d’un privilège, de dérogations…

En conclusion, je dirai que « Résister c’est toujours partir, rester c’est parfois trahir ».

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