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moi, citoyen français...

6 Mars 2016 , Rédigé par c laurans

Moi, citoyen français, étant aussi, par la force des choses, citoyen européen, je ne parviens pas à comprendre, malgré des efforts tangibles et substantiels, que l’union européenne forte de ses 28 pays, ses 4 325 000 km2, ses 508 191 116 habitants, son premier rang mondial au PIB (33 817 $/hab), ne soit pas en mesure de régler la crise migratoire sinon à penser que la majorité des 28 pays, plus égoïstes, les uns que les autres attendent que la solution tombe du ciel ( ce qui semble être, de plus en plus, le comportement de nos gouvernants et ce n’est pas nouveau puisque l’un des leurs disait, il y a déjà plus de 30 ans «Il y a, en effet, dans le monde trop de drames, de pauvreté, de famine pour que l’Europe et la France puissent accueillir tous ceux que la misère pousse vers elles ». Aujourd’hui, on dirait « trop de migrants, trop de demandeurs d’asile… ») ou, plus insidieusement, qu’ils attendent que le problème migratoire se règle tout seul, leur inertie jouant avec le temps, le temps qui règle tout quand on a, justement, le temps d’attendre.

Moi, citoyen français, étant aussi, par la force des choses, citoyen otage d’un système qui m’oblige, depuis 55 ans à ne pouvoir choisir mes représentants, m’étant mis bêtement du côté de ces minorités qui n’obtiendront jamais le droit de partager, au moins, le pouvoir, je suis désespéré de voir que, bientôt, je vais encore une fois être appelé aux urnes et être devant le choix de choisir entre la peste et le choléra. Devrais-je, comme le 5 mai 2002, aller à la pêche ?

Moi, citoyen français, étant aussi, par la force des choses et mon éloignement des centres de vie et de décision, citoyen désinformé par des médias inféodés aux lobbies, à l’argent, aux sondages, je me réfugie dans la lecture d’une littérature de plus en plus indigeste, ayant, par principe, censuré tous les ouvrages écrits par des « nègres » et signés abusivement par des hommes politiques qui s’imaginent que l’on va plus croire ce qu’ils écrivent que ce qu’ils disent (la doxa ancienne affirmant que « les écrits restent quand les paroles s’envolent » n’ayant plus cours depuis que des émissions de télévision se sont emparées du devoir de désintoxication de la parole politique).

Moi, citoyen français, étant aussi, par la force des choses, spectateur et uniquement spectateur, je suis consterné par les circonvolutions que prennent, de plus en plus, les tentatives de réformer le fonctionnement de la société française. Les débats faussés, dès l’origine, par une désinformation récurrente, par des reculades après des annonces intempestives ou/et contradictoires ayant pour origine des membres de la même équipe gouvernementale, des projets mal ficelés retoqués sitôt publiés par un Conseil Constitutionnel qui remplace le débat légitime d’un parlement mis devant le fait accompli ou menacé de se voir mis hors-jeu par un 49/3 inscrit dans une constitution antiparlementaire, des corps intermédiaires forcés de faire des actions de grève ou des actions violentes pour, seulement se faire entendre (le projet de loi du travail, dite loi El Khomry ) en sont les signes les plus visibles. Sauf que, c’est à se demander si « réforme » veut dire amélioration ou détérioration.

Moi, citoyen français, étant aussi, par la force des choses, rattrapé par la guerre que se livrent, par nations interposées, les grandes puissances qui ambitionnent de dominer le monde, je viens de comprendre pourquoi un islamiste est plus dangereux qu’un autre terroriste. C’est que, étant inféodé à la parole de Dieu, il est persuadé qu’Allah fixe à l’avance toutes les vies des hommes, et donc que donner la mort à l’un quelconque d’entre eux, y compris un enfant, ne pose pas de problème puisque Dieu le veut.

Moi, citoyen français, étant aussi, par la force des choses, nu devant une certaine dérive monarchique de la V° république, je vous soumets le cas suivant : conseiller du prince à 29 ans, chef de cabinet de divers ministres puis élu conseiller de Paris, maire d’une ville moyenne, député du département idoine, nommé ministre puis président de l’Assemblée Nationale et président du Conseil Constitutionnel* mais…last but not least … le voici, à 71 ans, président du Conseil Supérieur des Archives !!! Le pôle emploi de la république des élites marche bien mieux que celui bien connu qui n’a toujours pas réussi à inverser la courbe du chômage.

L’illusion que la république fait peser sur la morale a des limites. Je les crois atteintes mais rien ne dit que cela ne sera pas dépassé à l’avenir, tant les hommes politiques au pouvoir s’accrochent à leurs privilèges. Une nuit du 4 août ne serait pas du luxe pour redonner un peu des couleurs à notre république qui n’en peut plus !

* la carrière de son remplaçant au fauteuil de président du C.C prouve, au moins, que le premier n'est pas un cas unique : à 32 ans, il est député, à 33 (1979), directeur de cabinet et puis, dans le désordre et sans interruption, maire, conseiller général, conseiller régional, ministre, premier ministre, président de l'assemblée nationale, député européen et depuis 2016, à 70 ans, président du Conseil Constitutionnel en attendant la suite...Les chômeurs qui ne trouvent plus d'emploi passé 50 ans apprécieront...

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