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La France est-elle en marche vers la guerre civile ?

27 Juillet 2016 , Rédigé par c laurans

La France est-elle en guerre ? En guerre contre le terrorisme, contre l’islam sunnite représenté, dans sa version la plus extrémiste par daesh et ceux qu’il inspire, ceux qu’il reconnaît comme ses soldats, ceux qui se prennent pour un des siens.

La réponse doit être donnée par les hommes politiques qui nous gouvernent ponctuellement. Ils la donnent, chacun avec leur conviction, leur culture, leur engagement. De quelles façons ?

Ils bombardent la Syrie et l’Irak, fournissent du matériel de guerre à des factions sans pouvoir en contrôler l’usage, s’allient, provisoirement avec un dictateur local ou le combattent, ne réussissent pas à avoir une attitude commune, des actions communes au sein de l’Europe, s’éternisent dans de faux débats (islam, islamisme, nationalité double ou triple, identité heureuse ou malheureuse…) sont dans le déni ou dans l’hystérie répétant, à l’envie, que tout arabe n’est pas un islamiste comme s’il était convenu qu’il en fut autrement.

Après tous les attentats terroristes que le monde entier endure, la France découvre après les Etats-Unis, la Belgique, l’Angleterre qu’elle héberge sur son territoire des soldats du terrorisme aveugle prôné par quelques prêcheurs décidés à se venger de la colonisation européenne, des croisades, de la longue nuit que traverse cette brillante civilisation depuis la fin du califat et, qui ont le désir de le restaurer par la violence.

Que pense le citoyen ? Malgré les fanfaronnades devant un micro de télévision, le Français commence à avoir peur. Il a peur que le « vivre ensemble », son identité, ses racines, ses libertés fondamentales, sa vie de tous les jours au travail, dans les loisirs, dans la fréquentation de son lieu de culte, son école de la république soient menacés malgré le fait qu’une longue tradition dans la France laïque mette l’accent sur les droits de l’homme, la liberté de pratiquer la religion de son choix ou opter pour ne pas en pratiquer, il a peur que ceci ne soit plus que des mots.

Fleurissent, dans la presse, les invectives d’éditorialistes qui sont dans le « radicalisme de l’inexpérience » plus que dans « l’intégrité de l’esprit ». On serait donc « un peuple de petits blancs [qui] ont peur de voir remis en question leur mode de vie », un pays aigri, mesquin, ratatiné qui s’autoriserait à se jeter dans les bras du Front national. Serait-ce le cas quand on assiste impuissant à l’égorgement d’un prêtre catholique pendant la messe ? Ou bien quand on apprend avec horreur l’assassinat, à bout portant, d’une petite fille juive dans une école, le meurtre de deux policiers à leur domicile ? Ces actes abominables sont tous le fait d’individus se réclamant d’une religion et même si on tente, chaque fois que c’est possible, de faire ressortir le côté psychiatrique de l’assassin, ma grand-mère fait remarquer que ce n’est jamais, dans cette période trouble, un croyant d’une autre religion qui est en cause.

Dans le même ordre d’idée, celui d’une parole libérée ou, au contraire, muselée, je ne sais, j’ai entendu un éminent spécialiste des religions dire que « depuis les guerres de religion, on n’avait plus vu d’assassinat d’un prêtre pendant un office religieux » ; c’est oublier l’assassinat des moines de Tibérine.

Je comprends que cette fixation que l’on ferait sur une sorte d’islamophobie gêne aux entournures mais la réalité est là, glaciale, brutale, incontestable. Elle a, pour conséquence, qui pourrait s’avérer désastreuse et déboucher vers une guerre civile, qu’une partie de la population est déjà tentée par le rejet de l’islam. Or nier le multiculturalisme de la France est une erreur, le danger est la tentation, pour certains, de l’ériger en nouvelle règle de société. Rien ne serait plus dangereux que d’enfermer les communautés dans leur communautarisme et créer des ghettos qui divisent, exacerbent les passions et les mauvaises intentions, les faux procès. Cependant, il ne faudrait pas que, sous l’appellation d’islamophobie on en vienne à réprimer la liberté de parole et de pensée à propos de l’islam.

A force d'assassinats plus abjects les uns que les autres, à force de déni de réalité, à force d'un fossé toujours plus grand que l'on laisse se creuser entre les citoyens de ce pays, le danger est que, même ceux qui sont enclins à l'amour, la compréhension, l'excuse, le fatalisme, la colère on ne dérive vers une forme de fuite en avant qui serait l’impossibilité d'essayer de s'écouter, de se comprendre, de s'aider. Alors nous guetterait la guerre civile et le désastre.

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