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République et reniement, les bras d'honneur des politiques...

4 Mars 2017 , Rédigé par c laurans

Le spectacle que donne le personnel politique n’est pas fait pour illuminer l’avenir de la république. Celui que donne l’électorat (avec la précaution nécessaire de dire que cette réflexion s’appuie sur les sondages sur les intentions de vote) l’éclaire d’une inquiétante lueur : en effet, beaucoup des commentateurs s’accordent à dire que, si Fillon se retire, renonce, cède selon ses propres termes, de nombreux électeurs iront voter pour Mme Le Pen. Cela dit beaucoup sur le peu de différence qu’il existe entre les deux droites soi-disant irréconciliables, cela justifie que certains puissent croire que le FN puisse l’emporter en mai, cela montre à quel point la république est en danger, la France qui vote livrée au chantage du vote utile et qu’une partie du peuple puisse s’élever au-dessus des lois comme le suggère M.Fillon quand il dit : « La France est plus grande que nous. Elle est plus grande que mes erreurs » et « Parce que votre voix seule doit décider de notre avenir commun », et « que tous ceux qui croient qu’à la fin, seul le peuple peut décider. »

 

Nombreux sont ceux qui s’insurgent sur le fait que l’on ne parle plus que de cette « affaire » empêchant, en cela, de parler des programmes des autres candidats. Qu’ils arrêtent de pleurnicher ! Cette affaire démontre, jusqu’à l’absurde, que les hommes politiques sont à ce point détachés des réalités qu’une grande partie n’est pas choquée par elle, qu’un tiers du Parlement s’adonne aux mêmes pratiques et que l’ensemble ne songe qu’à se faire élire ou réélire (les soutiens et les retournements de veste adossés à l’éthique à dimension variable) en achetant son soutien contre monnaie sonnante et trébuchante ou/et contre fauteuils confortables.

 

Voilà que juges, journalistes, hommes politiques s’offusquent et oublient trop facilement que leur responsabilité dans la décadence d’une société à bout de souffle est engagée. Il est trop simple, ensuite, de faire appel au peuple.

 

La cinquième république répondait au désir de la population d’un état fort pour mettre fin à la guerre d’Algérie. La cinquième république ne répond plus aux aspirations d’une population engluée dans un monde globalisé, mondialisé, soumis aux dictats de réseaux sociaux, tributaire d’accords commerciaux internationaux simulant la compétition sous le prétexte fallacieux que la concurrence devrait faire baisser les prix quant, à la vérité, elle ne fait que baisser la qualité et développer le dumping social. De plus en plus de citoyens souhaitent une république horizontale qui leur donne la parole, qui ne la leur confisque pas à chaque élection pour la durée de tout un mandat, qui traite leur élite comme des citoyens ordinaires et fasse cesser les privilèges que réprouve la morale. La république, il en a fallu cinq pour arriver jusqu’à aujourd’hui, a eu du mal à s’imposer à la monarchie, l’empire, la restauration et aux errements de toute entreprise nouvelle et, alors qu’il semblait qu’elle avait trouvé sa vitesse de croisière, on se rend compte qu’elle agonise !

Qu’on l’appelle sixième ou cinquième bis, il est plus que temps de changer les règles.

 

Les primaires ont montré leurs limites. Ce grand événement démocratique pour les observateurs s’est transformé en grand guignol : celle de la droite accouche d’un candidat inéligible après avoir éliminé le candidat soutenu par une partie des électeurs de gauche parjure, celle de gauche divise et choisit un candidat que personne ne soutient malgré la charte qui les engage (mais la gauche socialiste est coutumière du fait, il suffit de se souvenir des embûches mises sur la route de Mme Royal par son propre camp), celle des Verts qui rapporte 200 000 euros à celui qui se désiste…Triste spectacle qui ne contribuera pas à consolider une démocratie  prête à se jeter dans les bras de l’extrême droite puisqu’il est évident maintenant, sauf pour M.Mélenchon, que l’extrême gauche ne fait pas partie du rêve des citoyens français, ni d’ailleurs non plus !

 

Demain, irez-vous voter ? L’abstention n’est-elle pas le dernier geste citoyen pour, qu’enfin, on se pose la véritable question : comment leur faire comprendre qu’on veut des élus propres ! La liste des condamnés s'allonge mais peu importe la vie continue et ils se présenteront encore longtemps à vos suffrages, si vous le voulez bien.

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