Syriza, le dette et les plaideurs...
Enfin un espoir dans ce monde roulocompressé* meurtri sans cesse par l’incapacité humaine à surmonter sa stupide vanité, la victoire historique du Parti Syriza, en Grèce.
Les mises en garde des hiérarques européens au peuple grec ont reçu leurs soufflets et ils se lèvent, ce matin, avec la gueule de bois. La gauche radicale vilipendée, moquée quand certaines voix bien placées s’essayent vicieusement à l’amalgame avec l’extrême droite française, est au pouvoir en Grèce et c’est un vent rafraîchissant qui souffle sur le monde.
Bon, c’est dit ! Et maintenant ?
Maintenant, il s’agit d’entretenir la flamme ce qui va de pair avec la réussite et le respect des promesses et… vite ! C’est la gageure d’un nouveau pouvoir qui n’a pas les cartes maîtresses. Il va devoir renégocier la dette (lui, d’abord, les autres pays ensuite) qui est le résultat d’une croissance soutenue par le crédit, moteur des économies jusqu’à ce jour florissantes, depuis bientôt 1 siècle (crise de 29) et qui conduit à la crise systémique d’aujourd’hui de laquelle nous ne sortirons qu’en changeant radicalement de mode de fonctionnement de nos économies de croissance.
Il ne se peut que les dettes soient, un jour, remboursées et il y a, en cela, deux bonnes raisons au moins : la première est qu’un remboursement « rubis sur l’ongle » serait un scandale tant les dettes ont été gonflées artificiellement par les banques qui en sont les grandes bénéficiaires (l’état grec ne rembourse pas sa dette malgré la politique drastique exigée par la troïka mais la creuse en empruntant toujours plus cher ce qui a pour effet d’augmenter les intérêts de la dette), la deuxième c’est que, de tout temps, des états ont prêté à perte ( sous différentes formes) à d’autres états pour s’en faire des vassaux bien utiles dans les périodes de conquêtes, dans les stratégies géopolitiques, dans les ambitions dominatrices, dans le seul besoin de les conserver dans leur zone d’influence.
Renégocier une dette, c’est facile ! Un audit est nécessaire pour connaître les mécanismes qui ont conduit des banques à prêter à la Grèce quand elles savaient qu’elle trichait, connaître les motivations qui ont conduit les instances européennes à soutenir une politique d’austérité vacharde pour les pauvres, les classes moyennes sans exiger que l’état grec impose les armateurs battant pavillon grec, exige un cadastre et un impôt foncier à l’église orthodoxe, etc…
Il semble que pour certaines actions que l’on devrait qualifier de salubrité publique, l’engagement, les moulinets, les effets de manches doivent remplacer l’action et doivent s’accompagner de leçons de morale distribuées par ceux qui semblent en avoir le moins. Notre président, à ce sujet, est assis entre deux chaises, lui qui avait promis de renégocier un traité, qui avait promis de s’attaquer à la finance et qui se fit, finalement, le chantre de la pensée unique et soutien de Samaras après avoir été celui du PASOK.
On est heureux de voir que les politiques de gôche français se réjouissent, que Mr Draghi fait fonctionner la planche à billets et on s’inquiète qu’on ne parle, toujours pas, d’une politique commune européenne avec les mêmes règles pour tous, évitant le dumping social, les mêmes taxes pour tous car sinon, l’inflation va repartir et nous aurons vite besoin d’un NOUVEAU EURO comme nous avons eu le NOUVEAU FRANC !
L’inexorable est le ressort de nos sociétés et leurs obsolescences programmées.
*Résultat obtenu par le déplacement inexorable d’une machine compactant toute résistance et déferlant sur tout ce qui présente des aspérités non conformes à la vox bienpensante.