Hôpital, jour quatre.
Cinquième jour dans ma cellule aseptisée, verte et blanche. Les tubulures, une à une, quittent mon corps mutilé et le moral est à la hausse. Je reçois de nombreux messages de soutien du monde entier (il est vrai que je suis mondialement connu aussi bien à La Verdière qu’à Amman, dans les Vosges qu’à Paris…) Le bilboquet du moral s’est coincé, ce matin, sur la plus haute branche, celle où le « Rossignol chantait », profitons-en.
Demain, ils votent. Voteront-ils Fillon ? J’avoue être beaucoup plus préoccupé par le mien ! (de fion)
A l’heure où les nations européennes semblent en quête d’identité, je me prépare à celle que je vais devoir construire après cette expérience que je préparais cependant depuis un demi-siècle – en effet, c’est à peu près le temps que j’ai vécu avec la hantise du cancer, et comme je ne cesse de me le répéter, « enfin, je l’ai ! ». A postériori, j’avais quelques raisons d’être obnubilé quand je constate que je suis concerné par trois fois et pour des êtres que j’aimas et j’aime le plus. Demi-siècle sanglant mais, comme on ne sort pas de l’épreuve comme on y est entré, il reste de nombreux jours pour enfin libéré, changer sa manière de voir et de vivre. Le pourrais-je ? Mon destin n’a rien de fascinant ou de particulier mais c’est le mien et je devrai m’en satisfaire.
Je n’oublie pas qu’à Alep les bombardements continuent et que des enfants meurent sous les bombes des « libérateurs ».