Macron, le télé-évangéliste !
Il soulève les foules, 15 000 lors de son dernier meeting, leur soutire des cris proches de l’extase -Macron président – et, au passage, quelques dizaines, centaines et même milliers d’euros (un don légal de 7 500 euros ne coûte, si l’on peut dire, que 2 500 euros au donateur) grâce à la magie du verbe. Il exaspère, en les amplifiant, les penchants, les goûts profonds de chacun qui y trouve son reflet.
Il leur dit « vous », il remplace le « je » par le nous et d’avance implore le pardon pour les erreurs qu’il pourra faire, établissant ainsi une relation intime avec chacun d’entre eux. (Il propose même le droit à l’erreur pour tous, chiche). Il est devant ses choristes de toutes les couleurs, de toutes les ethnies, de tous âges qui sont là pour applaudir chaque parole rythmée par des interruptions calculées.
Macron a terminé son discours la tête rejetée en arrière, les bras en croix dans une attitude christique et ce fut son moment de grâce ! La lumière du seigneur descendit sur lui et les groupies entourèrent le podium sans, il faut quand même le remarquer, lui arracher sa chemise.
Il parle aux patrons comme aux ouvriers, absous les 35 heures après les avoir vouées aux gémonies, réaffirme les accords d’entreprise qui existent déjà, défend les fonctionnaires, en appelle à Jospin, à Chevènement, il augmente la CSG mais protège les petites retraites (qui, entre nous ne paient pas de CSG !!!) et, pour toutes ces promesses, il ne les chiffre pas mais promet d’y « revenir ».
L’état ne contrôlera plus rien, il aura un rôle de « conseil » et devra se monter indulgent à « la première erreur », (re chiche). Il a pris comme exemple le patron qui « oublie » de déclarer les primes de Noël – vous vous imaginez, les primes et de NOËL !!! quand même, quel humaniste irait condamner un homme qui fait des cadeaux à ses employés pour noël ?
Le CNR -Conseil National de la Résistance – a, en 1945, pris des dispositions pour protéger les travailleurs de la maladie, la vieillesse et les accidents du travail. Macron pense que cela ne suffit plus : il a entériné le fait, comme je l’écrivais il n’y a pas si longtemps dans ce blog, que la société a choisi de supporter un nombre « x » de « non travailleurs » parce qu’elle est incapable dorénavant de donner du travail à tout le monde et que le plein emploi c’est fini et que la précarité c’est l’avenir ; donc M.Macron créé la protection sociale universelle pour les salariés, les licenciés, les démissionnaires et les indépendants reposant sur l’impôt – encore la CSG – apparemment.
Après le « populisme » voici le « télé-évangélisme », rien ne les arrête plus pour nous prendre pour des c…