Bilan de l'année 2011
La prudence recommande que les sujets choisis comme symboles d’une année écoulée ne soient pas des causes, des actes, des idées de peu de gravité et passagères, d’autant plus qu’il est plus facile de s’accommoder de choses légères, de s’attacher aux petites phrases, aux polémiques et aux brèves de comptoir qu’à évoquer les grands sujets qui dérangent.
Voilà, au moins, une entrée en matière qui m’exonèrera, en plus de votre bienveillance, d’oublis importants dus à l’éloignement, d’amnésies préjudiciables à un compte-rendu que je souhaite refléter mes interrogations pour l’avenir.
Avec Internet nous entrons dans une vie nouvelle. Même si je tiens comme absolues les exigences de laïcité, de liberté, de solidarité qui ne sont pas défendues comme je le souhaiterais par ceux qui nous gouvernent, cet outil va jouer, à l’avenir, un rôle majeur pour peu que l’on ne le censure ou que l’on ne le manipule.
C’est Internet, qui en 2011, a commencé à bouleverser la donne politique. Si l’on en croit les analystes, les printemps arabes et le mouvement des Indignés doivent beaucoup à ce moyen d’expression employé comme moyen d’expression. Si on ajoute à cela que l’actualité brutale de chacune des paroles et chacun des actes partout dans le monde est dans la minute même sur tous les écrans de la planète, on n’a peut-être pas encore bien évalué les répercussions qu’ils peuvent déclencher. Les dirigeants qui utilisent les médias pour faire passer leurs messages vont devoir se contraindre à plus de rigueur car, instantanément, ils pourront être démentis par des archives qui viendront, dans la minute, montrer toutes leurs contradictions, leurs promesses non tenues, leurs approximations, leurs mensonges, leur incompétence. Ah, ils veulent twitter ? Chiche !
C’est aussi la démographie. En 2011, la population mondiale a dépassé les 7 milliards d’habitants. Elle était de 2,5 milliards en 1950 soit un quadruplement en un demi-siècle quand il avait fallu 250 ans pour passer à ce nombre.
La démographie a et aura, de plus en plus, un important impact en terme d’empreinte écologique et déjà, les coûts des matières premières explosent pour satisfaire à la demande des pays à forte natalité que sont la Chine et l’Inde en Asie, le Nigeria en Afrique, la Russie en Europe…Les pays à forte démographie seront les puissances dominantes puisque c’est la production qui conditionne la croissance.
Il y a quelques années, je discutais avec un chinois sur le Bund à Shangaï et il me disait en riant « nous n’avons pas peur des Russes car si nous nous alignons tous sur la frontière sino-russe et que nous pissons, nous les inonderons ! ».
L’Europe politique est la seule façon de lutter à armes égales. Aucune législation, aucune institution n’est capable d’imposer une limitation des naissances.
C’est, enfin, la menace de l’islam intégriste et de sa puissance face à des religions affaiblies qui ont été, pendant des siècles, complices de pouvoirs, aujourd’hui, dépréciés.
Un islam qui s’approprie les victoires pacifiques des Tunisiens et des Egyptiens, la victoire militaire d’un clan aidé par l’ONU en Libye, la prééminence d’une ethnie en Côte d’Ivoire, l’impuissance et les interventions aveugles des occidentaux en Irak et en Afghanistan…