Cherche justice désespérément
L’inégalité éveille l’avarice, la tromperie, l’ambition, la jalousie mais, afin de contenir le mécontentement, les riches, de tout temps, sous prétexte de protéger les faibles, de contenir les ambitieux, de brider les envieux, ont inventé la société et ses lois qui, sous prétexte de les protéger, fixèrent de nouvelles entraves aux faibles et renforcèrent la force des puissants et, de droits irrévocables obtenus par usurpation, assujettissent le genre humain aux forces de la servitude et de la propriété.
C‘est à l’aune de ce constat que j’interprète l’initiative qui a fait l’objet d’un consensus entre députés de droite et de gauche hier à l‘Assemblée Nationale. Les discussions viennent renforcer l’arsenal ( que le mot est bien choisi ) judiciaire existant et instaurer une série de mesures inédites.
La violence psychologique instaurée en délit au sein du couple. Au même titre que le harcèlement moral dans le monde professionnel, le délit de violence psychologique au sein du couple sera pénalement réprimé.
A mon sens, voilà la loi typique qui dessert plus qu’elle ne sert le public concerné, majoritairement les femmes. En effet, même si j’admets que l'on porte le problème à la connaissance du plus grand nombre, qu’ on mette l’accent sur la situation faite aux personnes soumises à ces traitements dégradants, je maintiens que c’est un mauvais service qu’on leur rend et qu’à fixer ces nouvelles règles sous prétexte de protéger le faible, on se dédouane aisément tout en se rengorgeant d’avoir fait son devoir.
Que va devoir faire l’humilié(e)? Prouver qu’il(elle) est la victime! Pas facile surtout si l’on pense que le bourreau a plus « d’expérience ». Demandera t-on aux enfants d’apporter leur témoignage, de juger telle réflexion, tel reproche, de dire s’ils l’entendent souvent, de dénoncer un parent?
Que de lois votées dans la précipitation ou sous la pression de lobbys qui ne sont jamais appliquées parce qu’inapplicables…
Et une loi sur les chiens dangereux, et une sur la violence dans le RER, dans les Bus, dans les lycées, et une sur la sécurité des piscines, une sur les détecteurs de fumées, une sur l’épaisseur du papier hygiénique, une sur le vin rosé, et une sur… Il y a urgence à ne plus faire de loi, à faire respecter celles qui existent et urgence à reconstruire l’humain, lui donner des repères, valoriser les idées, donner des moyens aux activités culturelles, rererefaire nos humanités.
On annonce, chaque jour, une fin du monde différente : les glaces du pôle fondent mais on ne sait pas si c’est pour 2035 ou 2350, la couche d’ozone se troue, la forêt disparaît ( le poumon, le poumon vous dis-je!) les mers se polluent, les poissons disparaissent, sans parler des bébés phoques, des baleines, des girafes!
On hésite encore sur la date mais les gaz à effets de serre, le réchauffement climatique, le cancer, le légume bio, je ne sais plus quelle urgence chasse l’autre et à quels saints, à quels seins, me vouer!
Et pendant ce temps là, la solidarité fout le camp, la justice prend son temps, on se suicide en prison, on doute de tout, dois-je planter des arbres pour mes arrières-petits-enfants, dois-je ne plus boire de lait ou élever une vache sur ma pelouse, oui, mais alors tous ces producteurs de lait, ces hommes qui n’en sont plus disent les femmes, ces intempéries qui s’exacerbent, ces artistes qui vendent l’éphémère, ces chinois qui se multiplient, ces emplois qui se divisent, ces maïs OGM voués aux gémonies, ces génomes, ce futur incertain, ce présent cataclysme, cette vie en sursis, et toutes ces femmes qui meurent sous les coups de sauvages et qui, parfois, ne meurent pas que parce qu'elles ont eu plus de chance que les autres...
Christian Laurans.