Dégage ! C’est le mot de l’année 2011 mais...
De bas en haut de la pyramide de la comédie humaine, Dégage! A retenti comme un appel tenace, entêté. Slogan de 2011, il devrait-être le mot de l’année 2012 !
Dans les pays du Maghreb, assez facilement, dans le Golfe et en Syrie plus difficilement, en Russie même, aussi extraordinaire que cela puisse paraître tant on pouvait penser que Poutine et Medvedev avaient verrouillé leur politique autoritaire, les peuples ont sommé leurs dirigeants honnis de laisser la place. Certains ont du le faire, d’autres en sont menacés mais je vais essayer d’appliquer, aux troisièmes, le slogan.
M.Mélenchon a transformé le slogan en « allez vous en tous ! » Après le « casse-toi, pauv’ con » de notre Président, je propose la liste non exhaustive de ceux qu’il faut dégager, sans hiérarchisation ni priorité.
Dégage ! Elu qui a fait plusieurs mandats et dont la seule préoccupation est d’assurer sa pitance ou de verrouiller une situation qui empêche des jeunes femmes ou des jeunes hommes de mettre leurs compétences au service d’une fonction permettant un rajeunissement, un renouveau de la politique. Dégager les élus qui ont effectué plusieurs mandats, qui ont atteint l’âge de la retraite que l’on peut fixer, pour un homme politique, sans se faire traiter d’euthanasiste, a 67 ans (c’est l’âge que, plus ou moins secrètement, nos élus trouvent normal pour des travailleurs qui font des travaux pénibles). Un projet qui reste un vœu pieux puisque l’on sait bien que nos législateurs n’ont pas envie de scier la branche confortable à laquelle ils s’accrochent.
Dégage ! Patron qui perçoit des rémunérations totalement exorbitantes qu’il soit performant ou pas. Et, par la même occasion toutes ces lois protectrices qui permettent à certains d’entre eux d’échapper à leurs responsabilités lorsque leur mauvaise gestion conduit l’entreprise à la faillite et les employés au chômage. (On peut faire fortune en fabriquant des prothèses pourries et échapper à la sanction financière par le biais de sociétés à responsabilité limitée).
Dégage ! Intervenant dans les universités qui ont fait le choix d’être plus performantes en employant des commerciaux, des professionnels de la société civile sans compétence pédagogique, sans responsabilité, sans obligation de résultat. Dégage ! Président d’université qui « invente » des formations uniquement pour briller sans se préoccuper du devenir des futurs diplômés. Dégage ! Ministre de l’éducation qui s’imagine qu’il est celui qui améliorera l’enseignement en prenant des mesurettes sans idée générale. Et puisque nous y sommes, dégage enseignant non convaincu de sa haute responsabilité.
Dégage ! Curé et instit pédophiles, mari et compagnon violents, père et mère irresponsables, enfant irrespectueux, donneur de leçons et vieux singe. La liste, malheureusement, reste ouverte.