Demain ça ira mieux ou ce sera pire...
Tous les moyens sont bons pour nous maintenir dans un état de dépendance vis-à-vis du monde économique qui fait la loi, impose ses vues, montre la seule direction à suivre, le seul but à atteindre et toute cette dynamique positive s’appuie sur un postulat qu’il est difficile de contredire parce qu’élevé au rang de science et qui est le suivant : aucun obstacle ne doit gêner la libre entreprise, la libre circulation des capitaux qui créent de la richesse. Cela ne peut être atteint qu’en abaissant le coût du travail, en abaissant la dépense publique et en élevant la flexibilité du travail au dogme sacré d’une utopie qui veut que chaque individu s’adapte, en tous lieux, en tous temps et en toutes circonstances au marché. La liberté individuelle soumise aux lois du marché quelles que soient les conditions sociales et économiques pour que la politique proposée soit la seule admissible car mathématiquement juste. Il n’y a que ceux qui travaillent qui réussissent donc ceux qui ne travaillent pas ne peuvent réussir.
Ainsi, l’attaque contre les corps intermédiaires, syndicats, fonctionnaires, le code du travail que l’on veut réformer ou simplement supprimer pour que les accords se fassent dans chaque entreprise permettant ainsi d’atomiser le noyau que constituait le collectif d’employés embarqués dans le même navire et qui trouvait sa force de résistance par l’union face au patron et qui maintenant a affaire à des actionnaires dont la seule motivation est le profit immédiat même si cela va à l’encontre de l’entreprise qui peut être, à tous moments, délocalisée ou purement et simplement fermée.
Ainsi, l’Europe malade de sa boulimie, acceptant en son sein des états qui ne respectent pas le cahier des charges qu’elle s’est fixé pour vivre ensemble et pourquoi le feraient-ils puisque les pays même qui sont les rédacteurs de ces règles les trahissent et les accommodent en fonction de leurs résultats économiques et pourquoi s’y astreindraient-ils puisque la solidarité européenne souhaite créer des euro-obligations pour mutualiser la dette avant d’avoir assaini les comptes ? L’Europe doit signer un moratoire pendant lequel les pays endettés au-delà de 60% de leur PIB (85 pour la France, 180 pour la Grèce et entre 80 et 280 pour l’Allemagne selon les sources) retrouvent un juste équilibre. Car, personne ne peut plus croire que les finances européennes sont saines, personne ne peut imaginer que des pays à population équivalente peuvent avoir des dettes si éloignées et par conséquent c’est une situation catastrophique de l’état de l’Europe qui nous est cachée.
Ainsi, le monde entier se trouve devant une situation inédite et extrême où les comptes sont maquillés, les dépenses sous-estimées, la croissance moribonde mais la nouveauté c’est que la mondialisation est passée par là et que chaque habitant de cette foutue planète est partiellement responsable de tous les autres et qu’il va devoir contribuer peu ou prou aux dettes de tout le monde. Lorsqu’au moyen-âge, une collectivité construisait une église, un pont ou tout autre édifice public, lorsqu’il n’y avait plus d’argent dans la caisse, la construction cessait et ne reprenait que lorsqu’on pouvait payer les matériaux et les ouvriers. Nous ne sommes plus au moyen-âge certes, quoique… En Espagne, en Chine et ailleurs n’a-t-on pas construit des milliers, des dizaines de milliers de logements qui restent vides, certaines capitales africaines ne sont elles pas incapables de fournir de l’électricité à leur population 18 heures sur 24, de nombreux pays ne font-ils pas travailler les enfants, des démocraties ne continuent-elles pas à dépenser des sommes très importantes pour leur armement, nous-mêmes n’envisageons-nous pas de ravager des régions entières pour extraire du gaz de schiste sans nous préoccuper des dommages écologiques et humains ?
Alors, un état européen pour contrôler et imposer une redistribution des richesses en prélevant sur les profits réalisés par les marchés financiers ? Quelle blague ! Et pourquoi pas un état mondial qui défendrait l’intérêt général de bientôt 9 milliards d’êtres humains égoïstes, individualistes et pauvres ?