DSK !
Nicolas Sarkozy, qui avait quelque chose à dire sur tout, est en campagne et finies les réformes, les rodomontades, les saillies, le temps est venu des promesses, des courbettes et du sérieux. Il se vantait d'avoir fait nommer DSK au FMI, il laisse à d'autres la promotion de son ministre des finances sur lequel pèse une forte présomption d'abus de pouvoir et qu'il voudrait bien, maintenant qu'il est débarrassé du premier, voir partir.
L'amitié, la reconnaissance sont des sentiments diversement partagés dans ce monde de brutes. Sur l'affaire DSK, je voudrais vous exposer quelques réflexions peu amènes à la manière de... Autant l'avouer, pour qu'il n'y ait pas de confusion s'il eût pu y en avoir une, je n'appartiens pas au premier cercle, ni au second d'ailleurs, des amis de DSK. Aussi je ne prétendrai pas à quelque acharnement que ce soit et, c'est en observateur éloigné de cette classe sociale, que j'ai regardé les images que l'on nous a distillées en boucle, pendant plusieurs jours, sur l'arrestation du présumé coupable ou présumé innocent comme l'est le concombre espagnol après les déclarations intempestives de dirigeants allemands prompts à considérer les gens du sud comme des concombres, mous, fainéants, irresponsables, latins ou grecs, quoi !
C'est donc en observateur que j'ai subi l'avalanche de soutiens compassés, de silences gênés, d'analyses improvisées, de rumeurs, de déclarations péremptoires, imprudentes et comiques. J'ai, poussé par ma femme, tout de suite pensé à celle qui n'a pas de visage, celle qui n'a pas d'existence médiatique, celle à qui certaines gens bien intentionnées promettaient une belle somme d'argent, celle dont la fortune était faite, celle qui eût bientôt un prénom, une couleur de peau enfin celle de qui je me sens plus proche que de DSK.
C'est donc d'elle que je veux parler ou, plus précisément, d'elles, les femmes qui subissent, sans cesse, les harcèlements moraux et physiques d'une gent masculine qui se prévaut de sa force virile depuis l'âge des cavernes. J'en parlerai pour les extraire du ghetto, dans lequel des générations de mâles maladroits et imbuvables, les maintiennent. Inutile de répéter, à l'envie, le lot commun de toutes les inégalités dont elles souffrent dans tous les actes de la vie quotidienne mais je veux répéter à quel point, au sein des démocraties qui affichent le slogan de l'égalité, les protections élémentaires sont encore refusées à toutes celles qui meurent, tous les jours, sous les coups, toutes celles qui subissent, journellement, humiliations et harcèlements.
Égalité devant la loi ? Mais, entre la petite femme de chambre noire et le puissant directeur du FMI, il n'y a pas photo et, pour un puissant que l'on traite mal combien de petits que l'on martyrise ? Et le déséquilibre s'aggrave quand il s'agit de choisir son avocat, le meilleur pour le puissant et le commis d'office pour le petit. Pauvre justice ! Et en attendant le procès, souvent très longtemps, le séjour en prison dans des conditions de promiscuité terribles pour le petit et la maison à 35 000 euros de loyer par mois, pour le puissant ! C'est beau l'égalité.