FEUILLETON: chapitre II
Il y a grand branle-bas dans le landernau – aujourd’hui on dirait le microcosme – de la politique et de la justice. En effet, l’Ordre des Conscience de la Justice est secoué, depuis quelques temps par des affaires qui troublent la quiétude de cette noble assemblée qui a besoin de tout son calme pour régler des affaires de plus en plus liées à la politique.
Ce matin, le Haut Comité de l’Ordre était réuni pour entendre ses adhérents sur des dispositions assez opaques et des critères dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont obscurs puiqu’ils ne figurent pas sur la dernière directive 2005/36/CE du Parlement Européen et du Conseil du 7/09/2005 puiqu’ils sont laissés à l’appréciation conjointe du ministre de la Justice et du ministre chargé des Universités. L’Ordre était donc réuni pour entendre Raid la Conscience de Micheline Allomarie et Pincée, celle de Valéria Princesse.
A la barre des plaignants, Juju, la Conscience de Julien Trait, rouge de colère, exposait son cas au Comité, dont les membres attentifs étaient assis sur des charbons ardents depuis qu’ils étaient sollicités par de plus en plus de Conscience de la Justice candidats au cumul des mandats. En leur temps, les Conscience de Jean Glavany, Noël Mamère, Jean-François Copé, Frédéric Lefebvre, Dominique de Villepin et Christophe Caresche avaient obtenues de l’Ordre l’autorisation de cumuler les deux mandats et on ne peut pas affirmer que, pour deux d’entre eux, au moins, on avait remarqué qu’ils avaient pu mettre leurs compétences juridiques à l’épreuve !
Cependant Juju ne comprenait pas pourquoi, pour lui, cela ne fonctionnait pas. Il demandait si le fait d’avoir été mis en examen avait obéré ses chances auprès du Haut Comité et alors, il ne comprenait pas pourquoi il n’en était pas de même pour Coupable et Briv qui, tous deux avaient eu aussi affaire à la Justice ?
Le Président du Haut Comité poussa un long soupir qui n’échappa à personne et répondit que la décision finale de toute façon restait à l’Ordre des Conscience des Avocats, qui, en la matière faisait les choix qu’ils voulaient. « Ne perdez pas de vue, ajouta t-il, qu’il faut un minimum de diplômes, en l’occurence, une maîtrise de droit ou ...des diplômes équivalents !!! et c’est là le « lézard » comme disent les jeunes qui ont l’habitude de passer des diplômes qui ne servent à rien mais qui font plaisir à leurs présidents d’Université qui s’ennorgueillissent de créer des filières, toutes plus inutiles les unes que les autres mais qui font bien dans le paysage, sans se demander si elles débouchent sur des emplois, des carrières ! »
Alors là, Juju, prend le mors aux dents - oui c’est une façon élégante de dire qu’il hennit puisque c’est le bruit qui se rapproche le plus du rire de l’impétrant – et s’étonne que les règles ne soient pas les mêmes pour tout le monde, qu’il a fait ses preuves, que quatre-vingt d’entre eux ont aussi des mandats électifs et qu’il ne comprend pas que, les régionales approchant, on ne lui facilite pas la transition, n’étant pas du tout sûr, de conserver son poste de Conscience de Conseiller Régional !
S’ensuit une discussion assez violente et, pour le moins orageuse, sur le fait que cette promiscuité entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire n’est pas le meilleur signal que l’on peut envoyer au peuple des abstentionnistes : « je les entends déjà, hurle l’une des Conscience, dire que, de toute façon une Conscience de politique et une Conscience d’avocat c’est la même chose : que du bla bla bla et que les meilleurs sont ceux qui mentent le mieux car enfin, souhaitez-vous que l’on vous traite de « baveux » ? »
Et alors là, on entend, montant du plus profond de sa conscience, Juju crier à Autodéclaré :
« Que réponds-tu aux journalistes de Rue89 et Médiapart, qui détaillent, dans leur sîte, le travail d’influence fourni par Jean-François Pressé en 2009 pour aider à geler une proposition de loi déjà votée par le Sénat et qui allait faire perdre pas mal d’argent au cabinet d’avocats dont il est l’associé ? »
La réponse d’Autodéclaré se perdit dans le tumulte et la bronca qui accueillit cette lourde accusation.