GAZ de schiste : l'offensive médiatique, la suite !
Depuis la conférence de presse de notre Président de la république, le gaz de schiste est à la Une. Le sujet est monté doucement en puissance et, ces derniers jours, chaque émission de radio ou de télé ne se termine pas sans une question sur les GDS.
Faire le point sur un sujet comme celui-là est chose ardue tant on discute sur des chiffres importants – Rocard qui n’est pas un perdreau de l’année, n’a-t-il pas dit que nos réserves de gaz nous feraient passer pour le Qatar du gaz en Europe ? - des données invérifiables – n’a-t-on pas dit que les réserves couvriraient la consommation en énergie de la France pour un demi-siècle ? – et sur un sujet méconnu par la plupart des intervenants même si, ces derniers temps, on a vu, là aussi, une meilleure connaissance de la problématique bien que tout le monde n’ait pas bien apprécié ce que recouvrent les termes de « fracturation hydraulique ».
Donc, dans l’état actuel du Code Minier qui prévaut sur tout pour les exploitations minières sur le sol français, la réponse du Président n’est pas si satisfaisante que ça pour ceux qui, comme moi, redoutent l’exploitation des GDS. Quelle est-elle ? Il a réaffirmé que, pendant son septennat, l’exploitation du GDS par la fracturation hydraulique ne se fera pas !!! Mais que les recherches doivent se poursuivre pour arriver à d’autres techniques d’exploitation et c’est là qu’il faut le pousser dans ses retranchements, lui ou son ministre chargé de cette affaire : comment conduire la recherche sans fracturer la roche ? La loi de Juillet 2012 à laquelle il se réfère n’interdit pas la fracturation hydraulique pour des études scientifiques et des recherches qui ne peuvent se faire que si les entreprises ont une autorisation de forer or : EN VERTU DU CODE MINIER FRANÇAIS, UNE AUTORISATION DE RECHERCHE EXPERIMENTALE CONDUIT AUTOMATIQUEMENT A UNE AUTORISATION D’EXPLOITATION !!!
Et que dire des entreprises pétrolières qui font la loi et dont le lobbying, à Bruxelles, est si puissant ? Ces entreprises canadiennes, les plus performantes pour l’extraction des GDS, travaillent à l’étranger, comme le plombier polonais, le carreleur portugais, le menuisier espagnol ou la prostituée bulgare, c’est-à-dire selon les lois de leur pays. Ce qui représente avec les entreprises canadiennes un risque maximum :
L’exploitation se fait sans étude environnementale préalable, leur responsabilité est limitée et elles ne sont pas assurées. Les conséquences peuvent être catastrophiques pour les pays concernés : les dégâts environnementaux ne sont assurés que si, écoutez bien, que si les dégâts ont un impact indirect sur le Canada, (j’ai du mal à m’imaginer comment une exploitation en Europe peut avoir des conséquences sur l’intégrité du Canada, hé bien, eux le peuvent !) la responsabilité des entreprises n’est pas illimitée ce qui signifie que lors d’une faillite d’icelle on ne peut plus se retourner contre elle. Les dégâts occasionnés pendant une campagne de forage, dix ans, à l’environnement, au sous-sol, aux nappes phréatiques, au réseau routier…resteront à la charge de la collectivité, c'est-à-dire vous et moi ! En région PACA fortement concernée, demandera t on aux propriétaires de yachts ancrés dans les ports de la Côte de participer à la remise en état de la région ou bien serons-nous les seuls à devoir en subir les conséquences désastreuses pour les finances et l’économie locale ?
Les entreprises qui obtiennent une autorisation de recherche, hormis le fait que cela leur ouvre, à terme, le permis d’exploiter, ont la possibilité de geler les terrains pendant plusieurs années puisque, contrairement à l’Amérique du Nord, le sous-sol n’appartient pas au propriétaire du sol. Mme NAY, journaliste et auteure a asséné, l’autre jour dans une émission consacrée au GDS, « qu’en Amérique, l’ETAT REVERSAIT DES DIVIDENDES AUX PROPRIETAIRES, ce qui en faisait des millionnaires », ce qui est faux, l’état américain n’intervenant pas, selon sa législation, sur les transactions entre les entreprises et les propriétaires de terrains, pas plus que dans l’exploration si ce n’est que de nombreux hommes politiques sont partie prenante dans l’industrie pétrolière.
Les pétroliers savent bien que les délais pour arriver aux énergies renouvelables sont de plus en plus courts et l’horizon de plus en plus proche et leur calcul est simple : avant de se lancer dans les productions porteuses d’avenir que sont les énergies renouvelables, ils vont tout faire pour que, dans ce laps de temps, ils puissent exploiter à fond et sans retenue les énergies fossiles. Ils mettent le paquet sur tout ce qui est dans le sous-sol pour en tirer le plus grand profit et se tourner, tranquillement, vers les énergies renouvelables quand l’heure sera venue et la rentabilité assurée. Exploiter à fond les énergies fossiles condamnées pour ne pas avoir de regret de laisser, sous nos pieds, une fortune pour leurs actionnaires au mépris de la conservation de la terre. M.Bayrou a comparé l’extraordinaire élan qu’à donné, dans les années cinquante, l’exploitation du gaz de Lacq, dans ses chères Pyrénées, alors que la séparation du soufre présentait de gros problèmes techniques avec ce que pourrait être l’exploitation des GDS. IL a omis de dire, ou peut-être ne le savait-il pas, que si l’exploitation du GDS ne pose pas de problème de séparation de soufre, elle est accompagnée de forts rejets de méthane, gaz éminemment dangereux pour le réchauffement de la planète. Mais qu’importe me direz-vous, on construira des digues plus hautes en Hollande et on déplacera les populations du Bengladesh (avec le soufre de Lacq n’a-t-on pas fabriqué des tonnes d’allumettes ?
La création de 600 000 emplois en fait rêver plus d’un. On devrait comparer ce chiffre avec l’élan que donnerait un vaste chantier écologique sur les isolations d’immeubles, les économies d’énergie dans les nouvelles constructions, l’innovation pour la France qui pourrait être un véritable « produire français » et aider à rééquilibrer la balance commerciale sans attendre, une fois encore, que l’exemple vienne d’Allemagne.