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Internet c'est la Préhistoire !

4 Décembre 2012 , Rédigé par c laurans

Ce qui distingue la Préhistoire de l’Histoire, c’est l’écriture. L’écriture qui, sous toutes ses formes, de la plus ancienne et encore la plus difficile à lire sur les parois des grottes à la plus récente sur les nouveaux médias et tout aussi difficile à comprendre pour un public non averti, en passant par les plaquettes d’argile, le papyrus, les stèles…permet l’étude, l’analyse et l’explication.

 Il se trouve que, de plus en plus, les témoignages écrits subissent une inflation et que, sur le même sujet s’écrivent des milliards de signes. La multitude serait plutôt un bienfait puisqu’elle conduirait à une plus grande possibilité d’analyses de la diversité des témoignages. Mieux vaut avoir du matériel sur une période ou un fait que d’en manquer sauf que cela pose le problème du temps qu’il va falloir pour l’exploiter.

 Et, depuis quelques années et l’arrivée d’internet, qui permet non seulement la diversité mais encore l’in contrôlabilité de tous les éléments, l’analyse des faits prend de plus en plus de temps et comme on ne prend plus ce temps, l’analyse est toujours en décalage avec la réalité et surtout avec l’actualité. Comme la justice française qui juge les affaires politiques dix ou quinze ans après les faits, l’histoire est toujours en retard sur l’actualité. Il faut aux historiens des décennies pour  analyser, comprendre, communiquer sur des faits qualifiés d’historiques et il est utile d’attendre mais ce qui est bon pour l’histoire comme construction humaine qui s’inscrit dans le temps et donc tributaire de ce temps s’avère néfaste pour l’histoire politique qui ne connaît plus que l’instantanéité. Cela conduit les hommes politiques a prendre comme modèle sociologique un pays pour le montrer en exemple pendant quelque temps pour se rendre ensuite compte que ce même pays, non seulement est un mauvais modèle mais, mieux encore, il est un contre modèle. Prenez l’exemple de l’Irlande que nos politiciens pressés se sont ingéniés à nous présenter comme le modèle de la croissance des années 2000 et qui est à genoux huit ans après. D’autres exemples, nombreux, peuvent étayer ce raisonnement mais c’est le discours présent  et l’avenir qui m’intéresse : depuis quelques années, tous les regards envieux se tournent vers la réussite allemande et en ont fait le modèle parfait ; le modèle scandinave est brandit à chaque occasion et, en ce moment, on n’a que le Danemark à la bouche après avoir eu l’Islande.

 Toutes ces comparaisons sont litigieuses car elles ne prennent en compte, souvent, que quelques aspects et non l’ensemble, qu’en plus ce sont des réactions épidermiques et à courte vue puisqu’elles n’ont pas été précédées de l’analyse indispensable qui aurait pris trop de temps et dangereuses car les conclusions se retrouvent lues sur un simple clic, seconde après seconde, dans le monde entier, dans les bourses, les officines grâce à internet et que cela peut suffire à changer la face du monde.

Ceux qui font la politique au jour le jour sont soumis à cette frénésie d’informations et n’ont plus le temps de réfléchir et le rétropédalage est devenu l’expression la plus usitée du monde politique. En effet, il faut répondre instantanément, à chaud, pour se rendre compte ensuite, qu’on est allé trop vite et qu’il faut, tout aussi instantanément corriger le tir au risque de se tromper encore une fois.  C’est ainsi qu’on peut déclarer, le matin, que les maires ont une conscience et le soir qu’ils ne doivent pas la mettre au-dessus des lois ; c’est ainsi qu’on peut dire un jour, que le seul ennemi est la finance et un autre jour, se plier aux exigences des financiers.

 

 

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