L'ambassadeur de France à Tunis! Pour combien de temps encore?
Décidément, la rupture avec Mr Sarkozy n’est pas un vain mot.
Après trois gouvernements successifs constitués de ministres qui ont eu tout loisir de montrer soit leur incompétence, soit leur concupiscence, voilà la diplomatie du troisième mise à mal par l’un de ses ambassadeurs.
Depuis le mandat raté, si l’on en croit d’anciens célèbres prédécesseurs, de Mr Kouchner, la diplomatie française est entrée dans une tourmente qui n’est pas en son honneur ; en effet après les tribulations de la ministre Alliot-Marie sur lesquelles je ne reviendrai pas, la presse s’en étant fait largement l’écho, voilà que l’un de ses ambassadeurs défraie la chronique. C’est une saillie de plus à mettre à l’actif de ce pouvoir trivial et prétentieux qui n’en est pas à son premier débordement. Le comportement de Mr Boillon, ambassadeur de France en Tunisie, en est un nouvel exemple.
Rappelons brièvement les faits : lors d’une conférence de presse, où il est assez normal que l’on réponde aux questions des journalistes, Mr l’ambassadeur a refusé de répondre à celles qu’il a qualifié de débiles ou de n’importe quoi ! Ajoutons que ces questions portaient sur la gestion catastrophique de la révolution tunisienne par la France et par sa ministre des Affaires Etrangères. Il me semble que les journalistes ont toute légitimité à poser les questions qui intéressent leur pays et l’ambassadeur toute obligation d’y répondre comme il le souhaite sauf en portant un jugement de valeur ; à oublier ces principes il crée un sentiment de frustration qui rappelle ce qui a été celui des journalistes de ces pays brimés et censurés pendant des années !
Il faut lui dire, ou le lui écrire dans ses lettres de créance, que la dictature est tombée et qu’il doit respecter ses interlocuteurs. Il n’a pas compris que « la civilisation » dont il s’imagine le dépositaire n’entraîne pas nécessairement le civisme, ni « l’humanisme », toujours l’humanité (pris au sens de compassion) mais qu’il faut sans cesse penser que vos interlocuteurs ne sont pas des demeurés sous prétexte qu’ils n’ont ni vos diplômes, ni votre carnet d’adresse.
Même ses excuses : « j’ai été plus spontané que je n’aurais dû l’être (sic)» montre son arrogance ; hormis le fait qu’un diplomate se doit de représenter la politique extérieure de la France et pas les tribulations immobilières de la famille de son ministre de tutelle, il doit aussi savoir que spontanéité signifie droiture et sincérité, deux valeurs que nos gouvernants ont bien du mal à s’approprier. Il ajoute « dorénavant, je dois parler de manière plus polie » ! Ah, bon ? Vous avez dit humanité ?
Peut-être que certains de nos concitoyens ont-ils encore du mal à admettre que l’on peut ne pas être Français et respectable ? Il est vrai que du bas en haut de l’état le racisme latent, le mépris affiché, la vulgarité assumée est quotidienne. Quand on perd, à ce point, son sang-froid, qui plus est dans un pays déstabilisé, on ne se prend pas pour Rambo ou bien doit-on penser qu’il s’agit d’un dommage collatéral dû à la nomination intempestive et mal préparée, d’un homme, à un poste qui le dépasse. Parler la langue d’un peuple est nécessaire pour comprendre ce qu’il dit mais ce n’est pas suffisant, encore faut-il l’écouter !
Je reste spectateur de ces débordements qui font baisser la côte de popularité du président aussi sûrement qu’ils affaiblissent le rayonnement de la France dans le monde mais je fais confiance aux poètes, ceux qui mourront les derniers car comme disait René Char « à chaque effondrement, le poète répond par une salve d’avenir. »