L'Europe est morte, vive la France et les riches immigrés !
En guise de mise en bouche, cette citation de Léon Bloy essayiste français du début du XX° siècle dans la première série de L'Exégèse des Lieux Communs (1902), inventaire où sont analysées une à une les expressions toutes faites par lesquelles s'exprime la bêtise bourgeoise : « Il faudrait n’avoir aucune expérience de la vie pour ignorer que plus on est riche, plus les charges sont pesantes parce qu’on a moins de prétextes pour s’en plaindre, et il faudrait être sourd et bien insensible* pour ne pas entendre les gémissements des riches et n’en avoir pas le cœur déchiré. »
*comme notre premier ministre ! NDLR!
Que font ces riches contribuables français, pour ne parler que d’eux, quand ils se font domicilier en Belgique ou en Suisse, que de profiter de la carence crasse de dirigeants politiques qui ne parlent que d’Europe sans prendre les bonnes décisions pour la construire ?
Ils ont décidé, à l’intérieur des frontières de Schengen, la libre circulation des biens et des personnes et ont contribué à créer des citoyens européens inégaux en droits et en devoirs. Comment peut-on envisager de développer la solidarité entre les Hommes quand tout est en place pour que se creusent les inégalités ? Au dumping social qui détruit les emplois car, à terme, on est toujours la victime du dumping d’un autre, se sont ajoutés le dumping écologique puisque ce sont les pays qui polluent le plus qui font le moins d’efforts et qui continuent à ne pas signer les accords internationaux qui les engageraient comme les autres et le dumping fiscal dont profitent les plus aisés, ceux qui n’ont comme patrie, selon la formule d’un ministre, que leur compte en banque.
Une fois encore l’Europe, telle qu’elle existe, est sur la sellette. Ceux qui nous gouvernent et que nous avons élus pour le faire ne cessent de vanter les mérites de cette Europe qui apparaît, de plus en plus, comme étant une pétaudière sauf à penser qu’à la cour du roi Euro peu sont maîtres et beaucoup esclaves. Esclaves les populations soumises aux financiers qui tirent la couverture à eux sans se préoccuper le moins du monde de ce que l’avenir sera fait, le but étant d’engranger le plus de fric possible dans un laps de temps le plus court. Et ce n’est pas, tout être réfléchi en conviendra, en signant le Pacte Budgétaire Européen que les choses vont s’arranger si on remplace l’incurie des élus par la dictature technocratique. C’est le retour au moyen-âge, celui où le seigneur, pour remplir les caisses de son trésor personnel faisait subir à la population des saignées aux économies domestiques pour se renflouer et ceci sans se préoccuper de l’état dans lequel se trouvait ces économies soumises aux aléas de la vie.
Dans cette Europe-là, seuls ceux qui possèdent pourront se faire soigner, faire instruire leurs enfants et enterrer leurs morts. Ils n’auront enfin, plus besoin de passeports ni de carte Vitale et ainsi n’auront plus de tracas pour rendre l’un et l’autre lorsqu’ils changeront de domicile. Le cas de ces exilés fiscaux est emblématique d’une société qui, sous prétexte de créer un espace où on ne se fait plus la guerre avec des armes, mais il n’est pas inconcevable que cela soit réversible, contribue à créer un espace où le chacun pour soi pourrait bien déboucher sur des conflits meurtriers. Certains vont même jusqu’à penser, même jusqu’à dire que les Européens se reconnaissent depuis des siècles comme fils d’une même civilisation et ils ajoutent aux racines chrétiennes sans se rendre compte que tout cela est en train de changer. Le prix Nobel qu’on vient de lui attribuer devrait nous faire réfléchir : les trois hommes qui l’ont reçu en son nom ne représentent rien et contribuent, tous les jours, à créer un espace où la démocratie est à géométrie variable, où la prospérité est la plus mal partagée, où la solidarité est un vain mot et un espace que personne ne pense, un jour, imiter. Arrêtons de dire que nous avons effacé les frontières – l’exemple de Néchin en Belgique en est la triste illustration puisqu’à quelques centaines de mètres près le citoyen européen n’est pas traité de la même façon. Cessons de nous affubler des oripeaux de la bonne conscience en disant que nous sommes unis pour un destin commun alors que dans chaque européen sommeille un patriote convaincu.
Chaque être humain à son monde qui naît et meurt avec lui et qui exprime sa finitude, l’Europe aussi et ce n’est pas plus dramatique. Qu’ai-je en commun avec cet Hongrois qui ose dire qu’un recensement des gens d’origine juive est opportun, avec ce Français qui ose dire que le vol d’un pain au chocolat pendant le ramadan est un danger pour la France, avec cet Italien qui, condamné pour diverses malversations, s’imagine être encore utile à son pays en postulant pour le poste de premier ministre, avec cet Anglais qui encourage les riches de fuir leur pays pour venir engraisser la City ?… Rien !!!