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L'Homme aux Pissenlits.

14 Septembre 2011 , Rédigé par C

Quel lien, quel rapport peut-il exister entre Macé-Scaron, Gérard Larcher, Maître Bourgi ? Quelle dénonciation,  quel réquisitoire révèlent-ils ?

 

En quelques mots. Macé-Scaron se livre au plagiat, moi aussi. Cependant, la différence essentielle  entre lui et moi, est, au-delà de ses compétences qui sont, de très loin, plus grandes que les miennes, qu'il en tire un profit, une rémunération, un gain, un privilège, une reconnaissance. Quand à moi, je n'en retire que quelques compliments, lorsque je les mérite et beaucoup d'indifférence quoiqu'il arrive que je provoque l'empathie.

Gérard Larcher, président du Sénat, est accusé par le sénateur Bel de" fausser la prochaine élection sénatoriale". Empruntant les termes à un chapeau de l'Express sur une dépêche de l'agence Reuters, je l'utilise avec des guillemets et ne puis être tenu pour responsable ou auteur de la phrase (voir plus haut) mais, à partir de là, l'alphabet latin étant entré, depuis longtemps dans le domaine public, j'ai bien l'intention de le combiner en mots déjà utilisés par d'illustres inconnus dans le but insensé d'en faire des phrases déjà écrites par de grands et petits auteurs qui n'en ont pas le monopole.

 

Si, un jour, par hasard ou par une enquête suspicieuse menée dans le but de me confondre de plagiat, vous trouvez ces phrases sous la plume d'un autre, ou de plusieurs autres, dites-vous que c'est un avatar de l'intertextualité** qui est à la littérature ce que la recette de la ratatouille est à la gastronomie.

 Mr Larcher qui, pour sa défense, demande de se calmer m'apprend, en souhaitant s'expliquer sur le fond, que chaque sénateur dispose d'une dotation d'action parlementaire de 130 000 euros par an ! Ce qui représente, pour le budget de la nation, 58 millions par an dont presque 3 millions et demi à la seule disposition du Président de la Haute Assemblée. Tout cela dans la plus grande clarté puisque contrôlé par les sénateurs eux-mêmes.  La démocratie a un prix, le problème est qu'on trouve le juste prix. Pour ma part, je trouve la note salée.

La république a-t-elle besoin de sénateurs plaqués or ? Allez, on se calme, on travaille sérieusement, on parle du Sénat, on parle de la République, reprend doctement le président. Hé bien, parlons-en.  Et c'est là qu'intervient l'affaire Bourgi. Avocat, il est de ces personnages qui ont leurs entrées dans les palais de la république et de l'Afrique et qui agissent, en toute impunité, et en toute illégalité dans l'intérêt de la France ne rendant des comptes qu'à leur employeur mais rarement, jamais à la représentation nationale. La preuve : le président de l'Assemblée Nationale Mr Accoyer a répondu à une demande de commission d'enquête parlementaire que  justice et Parlement ne peuvent pas être saisis en même temps. Quand on sait la célérité de la justice dans ces affaires où l'on brandit, à chaque acte, l'intérêt supérieur de la nation, le secret défense, il est aisé d'en déduire l'issue. Fermez le ban ! Une conclusion s'impose, notre république brille par ses élites, pas par son devoir de justice.

Qui a dit : Par delà l'amitié et les intérêts, la France a en tout cas le devoir de manifester toute sa gratitude à ceux qui, comme toi Robert, ont été et restent les défenseurs infatigables de notre pays à travers le monde. (Rue 89).

Ces quelques mots ont été prononcés par Nicolas Sarkozy lorsqu’il remit la Légion d’Honneur à Mr Bourgui.

En conclusion, il n'y a aucun rapport entre Macé-Scaron et les deux autres affaires et même, entre les affaires,  sauf que je vais emprunter, intertextualiser les mots de Macé-Scaron pour illustrer les deux autres.

 

Lexique : J’ai joué inconsidérément avec cette notion par un goût absurde de la désinvolture…

                    Sans doute se demandera-t-on pourquoi cette déclaration apparaît si tardivement. Certainement en raison de quelque faiblesse innée, mais aussi parce qu’il me semble que l’époque récuse, encore plus qu’elle ne la méconnaît, une quelconque notion de purgatoire.

                   Nous connaissons tous une course éperdue en un temps où le temps fait défaut à lui-même. Ce que j’ai appris, c’est que cette course nous fait suivre la pente de l’époque au point de la précéder et de la précipiter.

 

N'est-ce pas dans le même hebdomadaire que JF Kahn a cessé d'écrire parce qu'il avait eu une phrase malheureuse, dans une émission télévisée,  sur l'affaire DSK ?

Me relisant, avant d'envoyer mon texte à la blogosphère, je comprends le sentiment d'écoeurement qui pourrit le sentiment politique, qui alimente les abstentions aux élections et qui pousse certains d'entre vous à voter pour l'extrême droite. Et l'impunité des hommes, les affaires enterrées, les pratiques honteuses, les comportements abjects au plus haut de l'état, c'est l'image de la république. La crise dont on nous rebat les oreilles, les financiers apprentis sorciers, les manipulateurs de tous poils, les guignols qui nous gouvernent, les clans de l'ère moderne, c'est l'image de la société.

 

Si un seul d'entre vous n'est toujours pas indigné, comme je le suis, par ce qu'il voit, entend, renifle c'est que je suis, depuis longtemps déjà, l'Homme aux Pisselits. La vérité se rapproche !

 

 

**"L'intertextualité est le caractère et l'étude de l'intertexte, qui est l'ensemble des textes en relation, par le biais par exemple de la citation, de l'allusion, du plagiat, de la référence et du lien hypertexte, dans un texte donné".

 

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