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Le 1°mai, la rue est à ceux qui aiment, pas à la haine !

30 Avril 2012 , Rédigé par C

La phrase, hurlée hier dans un meeting du président-candidat (M.Finkelkraut pontifiant avec trois autres experts de la politique – ethnologue, politologue, cassecouillologue – dans une émission de télévision qui s’imagine éclairer le citoyen au prétexte qu’on y laisse dialoguer des gens qui ne représentent qu’eux devant des bancs où se serrent le peuple de France muet qui sert de tapisserie et qui a la consigne de ne manifester à aucun moment ses sentiments, a donné une leçon de français et a expliqué que cette expression n’est pas française. C’est, il faut le dire une des premières préoccupations des Français et, heureusement, le problème ne se posera plus dans huit jours) : « le premier mai c’est la fête de tous ceux qui travaillent, de tous ceux qui ont travaillé toute leur vie » est une ignominie, une de plus dans la campagne du sinistre Sarkozy. Bien dans le style et dans l’idéologie détonante (j’eus préféré, nonobstant le regard perçant et sous la veille de M.Finkelkraut, employer le terme de déconnante) du vrai travail, voilà le président-candidat devenu un vrai problème pour la démocratie ! En effet, le premier mai est la fête des travailleurs et, par conséquent la fête de tous ceux qui n’ont pas de travail !!!

Car qu’est un chômeur, en 2012 ? Beaucoup de choses en somme, mais dans leur très, très grande majorité des femmes et des hommes qui sont d’anciens travailleurs qui ont travaillé une grande partie de leur vie (ce sont les séniors licenciés), qui sont des travailleurs à la recherche d’un travail parce qu’on leur a enlevé celui qu’ils avaient pour rentabiliser des fonds de pension (ce sont les laissés pour compte de la mondialisation), qui sont des jeunes qui n’espèrent qu’une chose c’est de trouver un travail à la hauteur de leur compétence (c’est le résultat de la politique scolaire sans ambition et avec des ministres incompétents), qui sont des handicapés victimes d’accidents du travail, qui sont  tous ceux pour qui la fête du travail est, soit un grand espoir de changement, soit le début de la lutte pour mieux vivre mais sûrement pas le soutien à un président-candidat qui a une très grande responsabilité, avec ses soutiens et leurs valeurs (si l’on peut dire)  dans l’augmentation du nombre de chômeurs !

Demain, nous serons dans la rue pour défendre le droit au travail et, dans les démocraties du monde, par delà les frontières, les femmes et les hommes seront dans la rue pour montrer leur volonté de progrès et leur envie de travailler. Et que le président-candidat ait le courage d’aller dire aux sidérurgistes au chômage d’Arcelor-Mittal, aux  diplômés sans emploi, aux retraités, aux femmes esclaves dans des emplois à temps partiels qu’ils n’ont rien à faire là parce qu’ils n’ont pas de vrai travail.

Et encore une chose ! Le spectacle de tous ces hommes et femmes politiques de droite qui vilipendent sans cesse les manifestations de rues – le président-candidat n’a-t-il pas dit, un jour, que les manifestants « on ne les voyait déjà plus ! » - sera du plus haut comique et les ministres qui défileront, demain, place du Trocadéro, sous les drapeaux bleu-blanc-rouge de la vraie France, pour « ne pas laisser le 1° mai aux syndicats » pourront méditer cette phrase « le travail est indispensable au bonheur de l’homme ; il l’élève, il le console, et peu importe la nature du travail, pourvu qu’il profite à quelqu’un : faire ce qu’on peut, c’est faire ce qu’on doit !  » A. Dumas.  Point n’est besoin d’être un grand patron, un grand sportif, un grand con pour mériter plus de respect que la femme seule que la société doit aider pour qu’elle puisse élever dignement ses enfants et en faire des citoyens responsables qui seront l’avenir de la société, pour mériter plus de reconnaissance que l’émigré qui se casse le dos à charrier des parpaings sur les chantiers, pour mériter de meilleurs salaires que celui qui ramasse leurs poubelles ou celles qui nettoient leurs bureaux – majoritairement noirs ou arabes !

Une dernière interrogation ? Les sans-logis, les mal-logés, les mal-soignés, les mal-nourris, les mal-vus, les mal-considérés, les maltraités, les malheureux auront-ils  le droit mais surtout auront-ils la force d’être demain dans la rue pour crier leur colère contre tous ceux qui les traitent d’assistés et de cancer de la société ? 

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