Le ministre de l'éducation nationale est-il fragile ?
Quand, à de nombreuses reprises, je demandais la suppression du ministre de l'Education Nationale cela pouvait passer pour de l'exagération, de la provocation, de la malveillance.
Quand, je disais qu'il fallait demander la suppression du ministère de l'Education Nationale cela pouvait passer pour une galéjade, de l'humour, du sarcasme, de la mystification.
Si, aujourd'hui, je remets le métier sur l'ouvrage c'est parce que les deux sont toujours là et que le ministre passe les bornes de la décence. De quoi s'agit-il ? De mettre en place un dispositif d'évaluation pour déterminer les élèves à risque ou à haut risque d'échec scolaire. Et ceci pour les élèves en dernière année d'école maternelle. Dans le but de les aider dès le plus jeune âge quand on aura décidé qu'ils étaient fragiles.
Au ministère on explique qu'il ne s'agit pas de fichage, que la polémique est absurde et qu'ils veulent seulement proposer aux enseignants des techniques élaborées par des scientifiques. Et là cela fait un peu froid dans le dos. Non, non je n'exagère pas ! Nous les avons vu à l’œuvre ces scientifiques et ils n'ont pas été souvent à leur avantage.
Quand aux polémiques absurdes, là aussi ça suffit. Doit-on ne plus polémiquer pour ne plus tomber dans l'absurdité ? Je constate que la polémique absurde est à la mode. De Châtel à chaque contestation des syndicats enseignants, à Valls et la Porsche de DSK en passant par Luca pour le film de Bouchareb, la polémique est toujours absurde. Laissons l'absurde à Camus, Arrabal, Ionesco et Beckett, autant d'auteurs que l'on devrait mettre au programme du recrutement des ministres !
Peut-on, aussi, m'expliquer la cohérence de ce ministère qui supprime les postes d'enseignants spécialisés, les psychologues scolaires, les rééducateurs et qui a supprimé la formation des enseignants recrutés.
Le ridicule ne tue pas sinon le ministère de l'éducation nationale serait une nécropole.
Ce genre d'initiative, au-delà du message d'un ministre qui ne fait pas confiance à la compétence des enseignants qui observent les élèves tout le jour, tous les jours dans une école maternelle justement organisée pour repérer les élèves qui pourraient être en difficulté et qui est reconnue dans le monde entier pour cela, montre l'irrespect du ministre vis-à-vis des enseignants et son obsession à coller au rapport que le ministère avait demandé à Mr Bénisti et qui proposait de signaler les enfants dès le plus jeune âge lorsqu'ils avaient des problèmes de comportement. Il s'agissait, ni plus ni moins que de cataloguer, dès cinq ans, certains enfants comme des délinquants.
Je précise à Mr le ministre que l'école maternelle n'est pas obligatoire et que sa présence au ministère ne l'est pas non plus.
PS : Veuillez écarter les enfants de moins de 6 ans de l'écran !
La professeure de mathématique qui s'est immolée à Béziers rentrait-elle dans la catégorie des enfants de moins de cinq ans considérés comme fragiles ? Le ministre de l'époque aurait pu, peut-être, avec l'aide de scientifiques, détecter la faiblesse et orienter l'enfant.
Voyez-vous Mr le ministre, la vie entière est une longue lutte contre les faiblesses humaines et si vous pensez que la détection d'une fragilité précoce peut éviter des drames comme celui d'hier, continuez à ne pas voir que vous abîmez l'école.
Les enseignants, de tout temps, ont eu besoin de formation, d'expérience, de personnalité, de psychologie mais surtout du soutien des collègues, d'une partie de la hiérarchie ( lorsque j'ai débuté j'ai eu le soutien de conseillers pédagogiques, très utile ) et du respect des élèves. Est-on sûr, que depuis des années au ministère de la rue de Grenelle, on a fait le nécessaire pour que toutes les conditions soient réunies pour un enseignement efficace avec des enseignants performants ?