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Les G20 se suivent et se ressemblent.

26 Février 2011 , Rédigé par C

Le G20, un machin, disais-je dans un de mes précédents textes. Ce n’est pas l’idée de la France d’y associer l’ONU qui fera « bouger les lignes ». Pourtant, à Paris, Sarkozy qui exerce la présidence pour l’année 2011, entend lancer des objectifs ambitieux.

Force est de constater qu’entre les ambitions et les résultats, le grand écart est la figure de rhétorique qui me semble la plus adaptée pour décrire le décalage entre les deux. Ou bien les ambitions sont mal calculées, mesurées, chiffrées même et le président apparaît alors comme présomptueux, impatient et son action, au demeurant intéressante, paraît inadaptée ou bien on doit se contenter des piètres résultats, la tradition populaire plaidant qu’il faut demander beaucoup pour obtenir un peu.

Créé en 1999 en réponse aux crises financières qui touchaient les pays émergents, il a pris un virage en 2008 avec la crise monétaire mondiale et depuis, il se réunit tous les ans et s’appuie sur les expertises du FMI, de l’OCDE de l’OIT et de l’OMC. Chacun jugera de la pertinence de l’expertise mais il faut savoir qu’il représente 85% de l’économie mondiale et deux tiers de la population. Si on ne sait pas encore bien ce qu’il « rapporte, au moins on sait, à peu près ce qu’il coûte aux finances publiques puisque la loi de finances 2011 a prévu un budget de Soixante millions d’euros !

La présidence française souhaite mettre l’accent sur :

-          la réforme du système monétaire international (SMI) ; pour ce faire on compte sur une coordination accrue des politiques économiques et, lorsqu’on sait que nous ne sommes pas capables de la réaliser au sein de l’espace Européen, on voit mieux la vanité de l’ambition pour y arriver sur la planète ;

-          le renforcement de la régulation financière ; quand on voit la flambée des prix du baril de pétrole venant de pays non représentés au G20, on voit mieux l’importance des politiques étrangères vis-à-vis des pays producteurs ;

-          la lutte contre la volatilité des prix des matières premières ; c’est tout l’enjeu des politiques agricoles qui, jusqu’à aujourd’hui ont permis aux pays développés de détruire l’agriculture vivrière de pays pauvres ;

-          soutenir l’emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation ; quand on voit où en est l’emploi des jeunes en France, l’irrespect du droit de grève et des droits à travailler ou à se loger, la destruction progressive de la protection sociale, on a quelques doutes sur le fait que la présidence française soit la plus apte à régler les problèmes en trouvant les bonnes solutions.

 

La réforme du SMI présuppose que soient définis, avec rigueur et unanimement, les indicateurs qui permettent un diagnostic des déséquilibres économiques qui nourrissent la crise et la « guerre des monnaies » ; et l’on voit, tout de suite la difficulté avec des Chinois qui ont un yuan sous valorisé, des Américains qui veulent que le dollar US reste la seule monnaie pour les échanges internationaux, des Japonais qui sortent, tout juste leur yen d’une très longue crise et des Européens qui ne savent pas où ils en sont avec l’euro !

 Ces indicateurs ont "fait l'objet du plus long débat, de la plus longue négociation", a reconnu devant la presse la ministre française des Finances Christine Lagarde, hôte de cette réunion du G20. Les négociations, qui ont duré toute la nuit, ont été "franches, parfois tendues, mais fructueuses", a-t-elle souligné. C'est "un compromis final qui représente une exigence dans la nature des engagements pris". Fermez le ban.

 

C’est l’unique résultat positif de ce G20 et encore car, qu’en est-il ?

 

-          Les USA ont refusé qu’on y place les taux d’intérêts.

-          L’Allemagne, forte exportatrice ne souhaite pas qu’on mette des limites à la balance commerciale des états.

-          La Chine refuse que l’on ausculte ses excédents monétaires (trois milliards de dollars) qui lui permettent de conserver un yuan sous évalué favorisant leurs exportations ; voilà pour la réforme du SMI. Enfin pas tout à fait car Mme Lagarde a obtenu qu’un séminaire sur cette question se tiendrait en mars, en Chine !

 

Un accord de dupes.

 

Le renforcement de la régulation financière ; rien sur les paradis fiscaux, à croire qu’ils n’existent plus ! Ni le blanchiment d’argent !

S’assurer que les règles décidées dans les autres G20 sont appliquées ! Etant donné que la crise est née de règles non appliquées ou détournées, on est rassuré ! Il est vrai que Mme Lagarde nous a assuré que les banquiers réunis par elle, joueraient le jeu !

 

Nous y croyons, bien sûr.

 

La lutte contre la volatilité des matières premières ; torpillée par le Brésil qui ne veut pas être en reste dans la défense de ses intérêts.

Dans le compte-rendu du G20, on peut lire cette phrase : « Nous avons débattu des inquiétudes d’une éventuelle volatilité excessive des prix et avons demandé à nos suppléants de travailler à réfléchir aux actions envisageables ».

Chaque mot a son importance, du moins je le suppose et nous sommes heureux d’apprendre qu’au G20 « on débat », seulement si les « l’éventuelle volatilité » est « excessive » et que l’on « travaille à réfléchir ».

Rien sur la financiarisation des matières de première nécessité.

 

La langue de bois est la langue officielle.

 

Soutenir l’emploi et cætera et cætera ; voila du travail pour les ministres du Travail justement qui se réuniront fin septembre.

 

On y croit, croisons les doigts et ne vous tournez pas les pouces !

 

Et puis quoi encore ? Le G20 va améliorer la gouvernance mondiale en accord avec l’ONU qui s’y entend pour voter des résolutions qui ne servent à rien ; et la présidence française se mettra en évidence en soutenant le développement des infrastructures et assurera la sécurité alimentaire des pays les plus vulnérables (Popeye est de retour) et portera le débat sur les financements innovants et là, Mr Sarkozy a trouvé son gourou, ce sera Mr Bill Gates, oui monsieur !

Le compte-rendu du G20 de février est un catalogue de bonnes intentions, c’est mieux que le contraire et cela ne fait de mal à personne. En traduction anglaise, ce n’est pas mieux mais cela peut aider à faire des progrès en langue de bois anglaise.

Vite, rendez-nous les « petites phrases » qui nous font tant rire ou pleurer.

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