Lettre au Père Noël
Petit papa Noël,
L’année dernière, déjà, j’essayais d’être humble et mesuré, ce qu’à certain ne plaise, n’est pas ma qualité principale et je suis tout prêt à le reconnaître en ces moments bénis de réjouissances familiales propices, paraît-il, à autant de règlements de compte que d’envois de fleurs !
Cependant, l’ironie du sort fait que la contrition n’a pas été à mon avantage car, malgré l’assurance que je ne souhaitais pas faire du tort, en paroles, en écriture et en actions, à ceux que j’avais pris pour cibles, je n’ai pas été payé en retour car il s’en est trouvé pour dire que j’étais méchant alors que mon ambition, largement refroidie par certaines réactions n’était que d’éveiller des consciences endormies, pour le moins, indifférentes parfois, inexistantes souvent.
Je n’ai pas l’intention de vous faire grâce de l’évaluation de votre bilan, ce que d’aucuns appellent le droit d’inventaire, d’autres un audit impartial.
Reprenons donc mes souhaits de 2010 :
- Je vous demandais si vous aviez pensé à la prime de noël pour …M.Anelka – footballeur apprécié par ses dribbles et ses injures faciles. Vous le récompensâtes, en 2011, au-delà de mes espérances en le faisant signer un contrat de footballeur en fin de carrière avec le club de Shanghai (sacré Chintocs) avec un salaire annoncé de 12 millions de dollars par an ce qui correspond à 30 000 dollars par jour, dimanches et jours fériés compris, hors année bissextile. Merci papa Noël !
- Je m’inquiétais de savoir si vous trouveriez facilement un paradis fiscal pour la famille Bettencourt réunie, malgré les attaques permanentes de notre président qui ne pense qu’à les supprimer ! Loupé, les paradis fiscaux sont toujours là mais la famille Bettencourt désunie se déchire pour quelques dollars de plus et les grands commis d’hier en sont à se chercher des cellules de prison pas trop surpeuplées. Un mauvais point, papa Noël !
- Alors, quant au troisième point, si je laisse volontairement de côté M.Arnault et M.Servier, je constate avec tristesse que malgré mes exhortations, vous avez continué à vous préoccuper plus des cheminées de marbre où tintent les pendules dorées qu’aux enfants qui souffrent et qui n’ont, pour certains, même pas de cheminée puisqu’ils n’ont pas de toit. Un blâme, petit papa Noël !
Je terminais par une interrogation qui, je le reconnais, n’est pas très urbaine : « le père noël serait-il durablement une ordure ? » Je n’ai pas la réponse mais un fort désagréable doute.
Alors, pour 2012, les souhaits que je peux faire me semblent bien illusoires mais nous allons essayer, une fois encore, de croire au père noël !
Père Noël,
J’ai été bien indigné, bien en colère, bon citoyen.
Pour 2012, je voudrais que tu renvoies les élus de la majorité à leurs études,
Que tu inspires les petits nouveaux,
Que tu n’oublies pas les damnés de la Terre,
Que tu comprennes qu’il y a tant d’inégalités en ce monde que tu mettes toutes tes forces à les réduire.
Que tu fasses le nécessaire pour que je croies encore en toi, une année encore.
Pour moi, ce sera tout père Noël !