Manifestation, PMA, genre, amalgames et cie.
Je n’entrerai pas dans la polémique sur la loi sur la famille et les amalgames qui sont les dommages collatéraux à toute controverse dans une société de l’image qui a remplacé, mis à part peut-être dans les cercles de l’élite universitaire, la discussion, l’échange, le débat (– une bonne centaine de synonymes sont à notre disposition, dans la langue française pour qualifier, ce qui devrait être la règle en démocratie, le débat d’idées -).
Je noterai, simplement, quelques évidences :
Une partie du corps social français, rétrograde, conservateur, orthodoxe, conformiste n’accepte pas les évolutions d’une société en perpétuel changement. Cette partie épouse le champ des religions, véritables clans pour lesquels tout ce qui n’est pas conforme à la doctrine est impie, dangereux car elle ne peut admettre que la trinité dieu, roi, père soit remise en cause. Plus qu’un défi à la piété qui est l’ordre divin, les évolutions de la société sont un blasphème et, à ce titre, doivent être combattues d’arrache pied. Si nous n’y prenons garde, demain, ils descendront dans la rue pour demander la prééminence du mariage religieux sur le mariage civil – les manifestations contre le mariage pour tous en fut l’illustration – et même, pourquoi pas, l’application de la loi Salique !
La droite dite républicaine – la précision n’est pas inutile – qui se gargarisait, sous Sarkozy que la loi ne se faisait plus dans la rue doit être, aujourd’hui, inquiète du comportement d’un gouvernement dit de gauche qui se laisse dicter le retrait d’une loi par une gentry qui utilise la rue après avoir dit tout le mal qu’elle pensait des manifestations d’ouvriers, d’écoliers…
Si l’égalité choque tant une partie de la société française c’est que, ayant déjà mis la fraternité au service de son salut personnel, élevé l’altruisme à un sacrifice qui permet de gagner son paradis, et refuse la liberté à une autre partie de la population de bénéficier des mêmes droits, au fond d’elle-même, elle n’est pas républicaine. Oui, on peut dire qu’accepter de tels comportements met la république en danger.
Les Trente glorieuses sont derrière nous, les Lumières aussi !