Mariage pour tous, rage pour quelques-uns !
Ce week-end, l’important n’était pas dans les urnes d’un parti déconfit qui n’a pas accepté sa défaite à l’élection présidentielle et qui n’a cessé de faire le procès en illégitimité d’un président socialiste élu démocratiquement, prenant, en retour le coup de bâton d’une telle attitude anti-démocratique, à savoir que l’élection de son président entachée d’irrégularités est l’exemple même d’un dévoiement de la démocratie.
Non, l’important était dans la rue !
La droite et l’extrême droite manifestaient contre le mariage pour tous et l’on peut dire que nous avons assisté au palmarès de la connerie humaine, la plus énorme étant, peut-être, celle de ce responsable de l’association Civitas qui n’a pas peur du ridicule (tant il est vrai que le ridicule ne tue pas sinon les pavés parisiens serait jonché de cadavres) qui est contre le mariage pour tous car il craint que cela débouche sur le mariage incestueux ou comme d’autres, qui disent que le mariage homosexuel accréditerait que l’homoparentalité serait un concept qui repose sur la négation du réel, l’enfant ne pouvant être que le fruit de la rencontre d’un homme et d’une femme.
Devant tant de sottises il est bon de rappeler quelques vérités évidentes, quelques lois sociétales, quelques réalités incontournables. L’église catholique, car on n’entend pas le même vacarme du côté des autres religions monothéistes, se permet de faire des déclarations offusquées sur le mariage pour tous. Laissons de côté, même si l’envie d’en parler pourrait se comprendre sauf à penser qu’il n’est pas utile d’employer de tels procédés pour étayer notre démonstration, que l’église catholique devrait, avant de donner des leçons de morale au reste du monde, balayer devant les portes du Vatican qui a protégé, ses pasteurs pédophiles et qu’elle fut, en des temps pas si lointains, l’utilisateur sinon l’instigateur de l’inquisition et que ses troupes évangélisatrices ne sont pas exemptes de tous reproches tenant à des comportements inhumains sur des populations colonisées. Il serait malvenu et douloureux pour ces défenseurs de la foi de leur rappeler que Jésus a dit « d’aimer son prochain comme lui-même » et que rien ne doit être au-dessus de cette affection. Qu’elle doit s’avancer vers tous les hommes, les hétéros comme les homos sauf à dire que ces derniers ne sont pas des hommes. Cette affection s’élève au-dessus des obstacles, des mépris, des préjugés, des injustices et des haines. A ceux qui le haïssent Dieu répond avec douceur : « Oh, mon prochain, je t’aimerai quoique tu me haïsses ! Viens donc mon ennemi, si tu as faim je te donnerai à manger, si tu es nu je te vêtirai, si tu me maudis je te bénirai, si tu me fais mal je te ferai du bien, si tu m’insultes et me persécutes je prierai pour toi, je te donnerai tout et n’attendrai de toi…que de te voir heureux ! »
Ceux-là même qui se recommandent de l’Evangile ont agressé des journalistes. A leur haine qui sue, on a envie de dire : rentrez chez vous, occupez-vous de certaines de vos ouailles qui en ont bien besoin et contentez-vous de réussir vos mariages religieux et de respecter vos règles, nous vous rappelons qu’il s’agit ICI d’un mariage CIVIL pour tous qui n’a rien à faire de la religion et qui ne devra sa légitimité qu’à une loi de la république laïque votée par un parlement élu au suffrage universel.
Et puis, charitables brebis égarées par vos fantasmes, pensez-vous que ces enfants pauvres – car on n’adopte que des enfants pauvres, démunis, abandonnés, victimes et peu d’enfants riches, en bonne santé et heureux de vivre – seront moins bien traités par deux parents du même sexe et que leur vie sera plus dure que s’ils ne sont pas adoptés ?
Savez-vous que la société a évolué et que la famille du XXI° siècle n’est pas la même que celle du moyen-âge, n’est plus celle d’avant la révolution ni même celle d’hier ? Si votre phobie du changement et du progrès vous conduit à ne pas voir l’inéluctable, rentrez chez vous au lieu d’encombrer le pavé de nos villes et priez que nous ne devenions pas aussi cons que vous !