Musique à l'Empéri.
Notre plaisir fut à la hauteur de l'événement.
Situons le cadre. La cour de la Renaissance du château de l'Empéri à Salon de Provence.
De la place des Centuries, après avoir admiré le fronton en pierre de Rognes de l'église St Michel, un large et imposant escalier nous fait accéder aux remparts cyclopéens où le rocher du Puech affleure. Par la porte majestueuse on franchit le rempart et, passé une seconde défense, nous pénétrons dans la cour. C'est un trapèze irrégulier dont trois des murs sont percés de fenêtres à meneaux. Le soleil couchant accentue l'orangée de la pierre sertie de coquillages.
Hier soir, l'Europe centrale s'installait dans les arcs et les voûtes.
Bruno Schneider au cor et Eric Le Sage au piano déroulèrent, en entrée, les sortilèges d'une sonate de Paul Hindemith et le son du cor s'adapta, à merveille, au cadre intime du lieu.
Le classique laissa la place au swing de Stéphane Grappeli et Django Reinhardt et cela se fit avec tant de classe qu'il nous sembla que les quatre mains du violoncelliste François Salque et de l'accordéoniste Vincent Peirani interprétaient, elles aussi, une sonate.
Le brio, la complicité des deux musiciens dans un Medley sur des thèmes roumains furent un enchantement. Longtemps les applaudissements firent vibrer les vieilles pierres et leur interprétation d'une composition de Philippe Hersant avec le violon de Daishin Kashimoto me fut une véritable révélation du plaisir que peut apporter une musique contemporaine jouée par de jeunes interprètes fougueux et complices.
Retour à plus de classicisme avec Andréa Hill, ravissante mezzo-soprano, chanteuse aux pieds nus qui interpréta trois lieder d'Hindemith accompagnée par les altos de Amihai Grosz et Christophe Gaugé et les deux violoncelles de Tim Park et François Salque.
Après l'entracte le concert se poursuivit et s'acheva sur le Sextuor à cordes n°1 en si bémol majeur op.18 de Johannes Brahms. Les jeunes interprètes firent preuve d'une technique irréprochable mais surtout d'une complicité enivrante.
Voilà, je n'ai rien oublié de cette soirée à l'Empéri et je vous conseille de faire l'expérience.
Même les seiches à la plancha du petit resta terrasse au pied du grand escalier vaut la petite halte gastronomique que vous n'êtes pas obligés de faire mais qui ne manque pas de charme, surtout, si vous êtes bien accompagnés. Merci P et merci C !