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Palmarès 2010-2

30 Décembre 2010 , Rédigé par C

En deuxième position, derrière la mondialisation, je placerai le MICROCREDIT !

 

Je comprends le côté provocateur mais je l’assume ; en effet le micro crédit était présenté comme la solution qui devait aider les pauvres dans les pays comme l’Inde, le Bengladesh, l’Afrique, le Pérou…mais, à l’arrivée on se rend compte qu’on a transformé cet outil, qui aurait pu se révéler porteur, en micro finance dont la bulle gonflée artificiellement éclate en emportant des millions de gens pauvres dans une catastrophe économique qui en a conduits des dizaines, déjà, à se suicider.

 

Le micro crédit a valu le Prix Nobel de la Paix à son « inventeur » conjointement à sa banque « Grameen Bank » ; l’ONU a décrété l’année 2005, Année Internationale du micro crédit ; il était présenté comme la solution qui allait réduire la pauvreté sur la planète et on mettait en avant son côté caritatif !!! Comédie, tragédie ! Car :

 

C’était sans compter avec les financiers, les fonds d’investissements, les banques qui se sont abattus comme des vautours sur les emprunteurs. Plus de 10 000 institutions dans 85 pays prêtant à 130 millions de personnes pour plus de 30 milliards d’euros et vous pensez encore que les « madofs » n’ont pas senti pas la bonne affaire ?

 

Prenons un exemple pour bien comprendre l’enjeu et l’arnaque :

 

              une femme (car on nous a montré et remontré des tas de fois que la cible privilégiée serait la femme qui pourrait atteindre à une relative indépendance) emprunte pour créer son activité que l’on a vite baptisé « entreprise » pour montrer l’importance du micro projet en le déguisant sous un vocable brillant comme on baptise « technicien de surface » le brave balayeur ! Bien, jusque là, rien à dire.

 

             L’emprunteuse crée son commerce de légumes ou sa boutique de galettes de maïs qui doit lui rapporter, si tout se passe bien (pas de déchet, fidélisation de la clientèle, stabilité des matières premières, bonne santé…), environ 7% de bénéfice. Bien, toujours rien à dire !

 

             Pour commencer son activité elle emprunte 100 ou 130 euros (c’est le prêt de base en Inde, par exemple) à 27% ! Cherchez l’erreur!!!

 On sait que son activité ne permettra pas de rembourser le crédit comme on savait que les Américains ne pourraient pas payer leur maison, comme on savait que l’état irlandais ne pourrait pas faire du dumping sans se ruiner mais qu’importe ! Les banques, les promoteurs, les entreprises ont pris leurs bénéfices et les contribuables ont payé et continuent de payer ! Mais revenons à notre exemple qui se corse.

 

             Ne pouvant pas rembourser les intérêts de l’emprunt, dès la première échéance, elle se voit conseiller un nouveau prêt (cela ne vous rappelle rien ?) et le prêt est accordé (Tu prends l’argent, peu importe ce que tu en fais !dis l'une d'elle dans un reportage à la télévision). Le surendettement est la suite logique et le banquier du micro crédit exige d’être remboursé ; l’emprunteuse se tourne vers les usuriers comme elle l’a toujours fait en Inde, par exemple,(Gandhi était issu d’une famille de prêteurs sur gages) et elle obtient un nouveau prêt qui a pour conséquence de la condamner à travailler, à vie, pour rembourser, et si elle n’y arrive pas, alors elle peut faire comme cette mère de deux enfants qui vient de se jeter dans un puits pour que la dette ne retombe pas sur leur tête; édifiant, non ?

 

            On peut préciser que ces nouveaux banquiers qui sont, probablement,  les mêmes que ceux qui ont été à l’origine de la crise, créent des structures de prêt qu’ils s’empressent de faire entrer en bourse pour pouvoir encore plus les rentabiliser. (Cf les faillites des petits porteurs qui ont fait confiance à des opérations boursières et qui y ont laissé leurs économies; et quid du petit épargnant attiré par empathie vers un placement solidaire et à qui cela risque d'arriver?)

 

            Le 24 janvier 2005, un rapport de la Banque Mondiale a dressé un bilan positif ; le nombre des bénéficiaires est de 500 millions sur les trois milliards de pauvres et le micro crédit connaît un essor formidable !

J’avoue que ce genre de rapport me fait froid dans le dos, surtout si on a l’opportunité d’en lire d’autres qui disent qu’en 2009, donc quatre ans après, aucun signe d’émancipation des femmes n’a été observé, que la scolarisation des enfants ne s’est pas améliorée et que les suicides ont augmenté !

 

                Quand nous aurons ajouté que cela permet aux gouvernements des pays concernés de diminuer les programmes sociaux, parfois de les supprimer, que certaines ONG utilisent le micro crédit pour assurer leur financement, que nous serions plus inspirés, au lieu de favoriser l’éclosion de centaines d’épiceries vendant toutes la même chose sur les trottoirs de Delhi, de favoriser l’emploi structuré dans des marchés ouverts, nous n’aurions pas réglé les conséquences désastreuses d’une bonne idée inventée par l’homme qui se retourne contre lui du fait d’autres hommes.

 

                 Il y a quelques temps nous nous réunissions pour philosopher sur la phrase « la fin justifie t-elle les moyens ! » Bel exercice et bel exemple : pour la Finance avec un grand F, la fin justifie les moyens !

La suite du palmarès, demain,........Peut-être!

 

CL

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