Quand nous trouverons une croissance vitale.
La Chine est dans toutes les conversations et la crise dans tous les esprits, ce qui conduit, bien souvent à des analyses erronées, partiales, tendancieuses.
La démesure, en tout, est source de violences. Dans le cas de la Chine, violence faite aux hommes, aux animaux, à la nature elle-même. L'inflation de la croissance de la population a conduit les autorités, sous Mao, à interdire aux couples d'avoir plus d'un enfant et le sort réservé aux filles fut horrible; les récoltes de riz étant vitales on détruisit toute une faune prédatrice qui entraîna un massacre d'espèces selon la loi, bien connue, de la chaîne alimentaire et, la terre fut, elle-même polluée par les pesticides et les méthodes de culture toutes axées sur un rendement maximum.
La Chine a eu une croissance phénoménale ces dernières années permettant de décupler le niveau de vie individuel en trente ans, une génération ! Il faut, cependant relativiser ces données brutes et brutales car, dans le contexte démesuré les situations reflètent bien l'inégalité du changement selon qu'on fait partie de la classe moyenne urbaine ou de la basse classe rurale. Rien n'est plus subjectif que les statistiques qui entraînent des raisonnements appuyés sur le salaire moyen ou/et médian ** et chacun sait les utilisations, parfois détournées, souvent trompeuses de telles données.
Cependant, J.P Robin, s'appuyant sur des études portant sur une quarantaine de pays pendant cinquante ans, affirme que l'expansion d'un pays ralentit inexorablement passé le seuil de 16 740 dollars pour le PIB par habitant. Ce qui condamnerait la Chine à atteindre cette zone dangereuse d'ici trois ans, en 2014!
La croissance devrait alors s'établir autour de 7% l'an. C'est ce qu Pékin se fixe comme objectif pour le plan quinquennal 2011-2015 pour faire partie des "pays riches" et pour ne pas rester comme le Brésil "un pays d'avenir et qui le restera" comme l'assurait le général de Gaulle dans les années soixante. Je ne sais pas si ces discours sont tenus pour " faire du papier" ou si tout ceci est bien sérieux mais je veux juste signaler que depuis, il y a eu, en 1973 un premier choc pétrolier, suivi quelques années plus tard d'un deuxième, que les ressources naturelles de la planète s'épuisent peut-être moins vite, c'est vrai, que la pollution de la terre, et enfin que cette course effrénée; à toujours plus de rendement et toujours plus de fracture entre ceux qui en profitent; pourrait bien nous conduire à une récession mondiale et faire passer les "pays riches" du côté des "pays pauvres" et plus vite qu'il ne faut à la Chine pour rejoindre les premiers et quitter les deuxièmes.
L'économie essentiellement exportatrice de la Chine qui inonde le reste du monde par ses produits bas de gamme et bon marché appuyée sur une monnaie fortement sous-évaluée est le talon d'Achille d'une économie qui peut s'effondrer à tout moment si elle ne se diversifie pas en développant une économie de services. Mais c'est là que se retrouve la quadrature du cercle. Lorsqu'un pays, c'est le cas de la France, sacrifie son industrie en délocalisant, à tous vents et à tout va, pour augmenter artificiellement et provisoirement les superprofits qui masquent la réalité d'une économie à courte vue, le risque majeur est de se retrouver, dans le cas d'une reprise mondiale, démuni des organes de développements propres à faire décoller une économie, c'est-à-dire l'outil industriel.
Borloo, qui semble retomber en enfance a comme leitmotiv de s'occuper, en priorité des petits de l'école maternelle; bel engagement, amusant, sympathique comme peut l'être le bonhomme mais et après ? Des générations de diplômés à bac plus 12 au chômage parce que le tissu industriel fera défaut ? Des générations de jeunes révoltés, indignés par la tromperie que sera une formation sans débouché ? C'est semble t-il ce que vit la société tunisienne qui a trop de jeunes diplômés et pas les structures pour les faire travailler.
Quand la Chine s'effondrera, vous n'aurez pas besoin de me faire signe, cela se verra et cela sera dramatique. A bas les G-Machins dont l'exposant importe peu s'ils sont incapables de répondre à ces questions vitales pour l'avenir.
** (Salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l'autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l'ensemble des salaires de la population considérée. Définition INSEE)