Réponse à mon ami, Oswald...
« Rem perfecte sciri argumentum est, cum ejus explicatio valde brevis, & generalis, & distincta potest exhiberi : ut è contra, si addantur plura supervacanea, & particularia, & implicita, ignorantiæ indicium est » écrivait Descartes thuriféraire d’Aristote et maniant mieux le latin que moi le français. Ce clin d’œil pour te dire, mon cher O, que ta courtoisie, ton indéfectible amitié, et tes compliments « m’accablent » comme dirait le même Descartes mais, moi, je te dirai tout simplement que cela m’oblige et me comble. M’oblige parce que je ne sais si tu l’as fait volontairement mais tu as adressé ton message à de nombreux amis et que donc, tu me mets dans l’obligation de répondre aux vœux de ceux qui, comme toi, pensent que « Même si ses réflexions ne peuvent être appréciées par tous, elles ont le mérite d'exister et de nous faire réfléchir sur les arguments et vérités énoncées » ; me comble parce que tu m’avais dit que tu te rendais souvent sur mon blog, mais tu n’avais peut-être pas encouragé, aussi vertueusement avec autant d’insistance, nos amis à me lire.
Les choses que j’écris sont de la sorte, le plus souvent, alambiquées et j’éprouve, je le confesse (un mot d’une telle richesse phonétique ne peut pas n’être utilisé que pour l’acte que nous connaissons bien tous les deux et qui nous a si souvent fait réagir) un goût immodéré pour la phrase longue, longue, longue ! De là mon introduction faussement culturelle moi qui ne sais du latin que ce que m’en fit connaître une belle chanson de Brel ! Pour mettre un terme au suspense superflu voici, par sa traduction, mon explication : « c’est la preuve qu’on sait une chose parfaitement, quand on peut en fournir une explication fort courte, générale, nette; comme, au contraire, si on ajoute des choses superflues, particulières et embarrassées, c’est signe qu’on l’ignore ».
Que penser de mes écrits, si ce n’est à l’aune des réactions de mes lecteurs ? Petit lectorat mais que de qualité, d’amitié et d’amour, même. C’est la raison qui m’a encouragé à reprendre l’écriture de mon blog, en pensant à vous et en me disant que, au-delà de l’intérêt que cela procure à ma retraite, je crée un lien et c’est une des belles choses que m’a apprise ma femme. Je ne sais pas, cependant, si ma prose doit être recherchée par le plus grand nombre (n’est ce pas cela qui motive sa forme et son exposition sur Internet) ou bien , si elle doit être négligée par lui. Je dirai que les choses que j’écris sous forme de feuilleton, tout le monde (pas de mégalomanie) l’aura compris est une façon d’exprimer mon ressenti et de faire émerger les personnalités que je mets en scène non comme elles se présentent mais comme je crois qu’elles sont en réalité et les Conscience ne sont que ma perception partisane des femmes et des hommes qui nous gouvernent si mal ; tandis que les autres contributions sont des éditoriaux traitant de faits avérés et vérifiables, les poèmes et les nouvelles étant ma façon de mettre un peu de poésie dans mon blog.
J’aurai dû, peut-être expliquer cela dès le début ? Maintenant c’est fait et sans oser assurer que les choses avancent, que les quiproquos sont levés, je pense que ces précisions vont peut-être m’apporter des lecteurs. Une chose est sûre, je remercie du fond du cœur ceux qui me suivent et m’encouragent.
NB : difficile de finir sans évoquer deux réflexions de notre grande argentière, ce matin, sur France Inter, la radio qui n’aime plus les humoristes qui dérangent le pouvoir en place.
A la question de savoir si les aides aux entreprises pour les créations d’emplois servent à autre chose qu’à remplir les poches des actionnaires, notre ministre de l’économie en charpie a répondu qu’ « on réfléchissait sur ces aides et sur les programmes de soutien aux entreprises qui embauchent un senior au chômage ». Le petit génie du secrétariat au chômage (pardon : à l’emploi) et son ministre de tutelle réfléchissent donc depuis trois ans (eh, oui, déjà) mais que tout le monde se rassure, il y a un léger mieux, ils réfléchissent à la manière de récupérer ces aides si le recrutement ne se fait pas à l’issue de la deuxième année. « Cela fait un an de gagné » nous assène t-elle ; cela s’appelle la politique de l’emploi à voix basse et à queue entre les jambes. Comme vous le voyez c’est une réflexion qui n’est pas simple lorsqu’on est la chef de Bercy de récupérer de l’argent indûment perçu ! J’ose, mon cher O, lui faire une proposition : gardez, Madame, les RIB de entreprises bénéficiaires !
A la question de savoir si la niche fiscale concernant la baisse de TVA pour les restaurateurs sera « rabotée », la ministre répond « ils ont respectés les trois conditions pour passer de 16 à 5%, sauf la troisième, mais nous restons attentifs à l’évolution des prix ». Merci.
A la question concernant les évasions fiscales de mme Bettencourt-l’Oréal, la ministre a répondu que tout ce qu’on disait n’était que « des salades », que le ministre Worth était irréprochable, que mme B était contrôlée par les services fiscaux comme n’importe quel citoyen (il est interdit de rire, car le montant de l’évasion, qui ne sera jamais connu, dépasse, de toutes façons l’entendement d’un citoyen lambda) !
Je porte à la connaissance d’un public forcément bien informé que je connais un pékin qui a eu un réajustement fiscal parce qu’il n’avait pas déclaré, sur sa déclaration d’impôt sur le revenu, les avantages en nature que lui avaient rapporté son fils nourri et logé alors qu’il était moniteur de colonie de vacances. Non, cette colonie n’était pas dans l’océan Indien, non il ne s’agissait pas d’une colonie dans l’une des îles Seychelles.
Assez pour aujourd’hui.