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Taisez-vous, "bossez" !

12 Novembre 2013 , Rédigé par c laurans

Le spectacle que donnent les élites politique, journalistique, économique est affligeant.

Dans l’ordre, mais sans y voir une quelconque hiérarchie dans l’accablante liste des comportements navrants des personnels ci-dessus désignés, commençons par ceux qui font – ne devrait-on pas dire « défont » - l’économie, travestissent, manipulent l’information, ont des comportements et des postures scandaleux!

 

Des chefs d’entreprises,  épaulés par les experts en économie libérale, dont un des symboles de la réussite personnelle est Mr Ghosn et ses 13,4 millions d’euros empochés en 2012 chez Renault-Nissan mais dont on ne mesure pas encore dans quel état il laissera ces deux entreprises, ces chefs d’entreprises qui ne cessent de répéter à l’envie que ce qui plombe l’économie de la France c’est le coût du travail sans jamais remettre en cause leurs supers salaires et leurs retraites dorées en oubliant de vanter les largesses du gouvernement qui vient de diviser par deux l’impôt sur les sociétés – de l’aveu même de Mme Berger chargée de l’économie au PS – ceux qui bénéficient  des marchés publics mais qui ne cessent de critiquer l’état, ceux, les plus nombreux, qui ont pendant plusieurs décennies d’économie libérale, encaissé les bénéfices au lieu de moderniser leur entreprise les condamnant à être non compétitive et à disparaître, ( en Europe, 20% des bénéfices qui étaient consacrés au financement de l’investissement partent vers la rétribution des marchés) et ceux qui délocalisent, ceux qui placent leurs « économies » dans les Paradis fiscaux les bien nommés, et ceux qui abhorrent l’état quand tout va bien pour eux et qui se tournent vers lui quand cela va moins bien, tous ces gens-là ne cessent de donner des leçons de civisme ou d’économie.

 

Ceux qui les relaient avec plus ou moins de compétence, plutôt moins que plus pour ceux qu’on entend le plus, les journalistes stars qui s’attachent plus aux petites phrases qu’à la nécessaire information qui élève le débat au lieu de sans cesse le rabaisser , qui préfèrent parler de la dernière de Brice ou de Marine, de Jean-François ou de Thierry et qui oublient les 13 ou 14 % de chômeurs, le compte-rendu honnête des réformes et le travail sérieux des législateurs pour ne s’intéresser qu’à l’écume des choses et qui contribuent au climat délétère qui empoisonne toutes les relations humaines au point que ceux qui les écoutent, les lisent ne comprennent plus rien, et ces chaînes de télé qui font leur beurre de l’info continue et qui passent en boucle pendant trois jours la même « information » - celle qui fait le « buzz » - et monter l’audience.

 

Et ceux qui nous gouvernent, enfin, avec plus ou moins de bonheur qui doivent tourner cent sept fois leur langue dans la bouche au risque que leur moindre syllabe soit interprétée et considérée comme un couac, une dérobade. Que le Président parle (Léonarda), qu’il se taise (écotaxe), de toute façon sa parole est immédiatement dévaluée, dépréciée par une opposition qui n’a tellement rien à dire qu’elle ne peut  que se contenter et se délecter de déblatérer sur tout et sur rien et qui se permet de pérorer sur la légitimité d’élus au suffrage universel.

 

Et le citoyen, pour se protéger de toute cette logorrhée qui ne sent pas toujours très bon, regarde vers l’extrême droite ou bien se replie sur lui-même ou sur des communautés d’idées où tout paraît si simple puisqu’on y trouve le bouc émissaire idéal et  où les YAKA qui n’ont plus tellement la côte car il semble que tout ce qu’on essaie foire à touts les coups,  se transforment en CELUIKI beaucoup plus confortable et que l’on expérimente déjà dans toutes les cours d’écoles maternelles «  c’est pas moi, c’est lui qui… »

 

 

L’appel du Président, s’appuyant sur l’exemple des deux guerres mondiales, a plus de cohésion, d’union, qui semble être à l’évidence un comportement qui a totalement disparu dans nos sociétés modernes, ne nécessite pas forcément que tout le monde soit s’accord, ou que deux d’entre nous pensent que la solution est au centre, mais plus banalement que ceux qui n’ont pas été choisis par un corps électoral qui s’est déplacé aux urnes en toute liberté n’oublient pas, une fois dans l’opposition, leurs propres turpitudes et cessent de proposer ce qui n’a pas marché lorsqu’ils étaient aux affaires et a contribué à détériorer la situation. 

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