L'humour noir en politique
Chaque jour ou presque nous apporte son lot de mesquineries, de bassesses et chaque jour ou presque, on se couche en se disant que cela ira mieux demain, que cela ne peut durer ainsi sans qu’une prise de conscience d’une majorité d’indignés ne se fasse jour avant que l’on ne désespère de la condition humaine.
Je n’ignore pas notre responsabilité personnelle dans l’état de la société puisqu’à divers titres, en diverses occasions, à la petite place qui est la mienne – tant celle que j’aie pu me faire que celle qu’on m’a laissé occuper pendant des laps de temps plus ou moins longs - j’ai pris ma part dans le script de la plus grande scène du monde qu’est la vie quotidienne, ce qui ne m’empêche pas, fort heureusement, d’en faire une critique. J’ai la possibilité quand j’en ressens le besoin, de disséquer le tableau que j’ai sous les yeux et l’analyser, ce qui n’est qu’une opération intellectuelle qui me permet de juger ce que me cache l’horizon et enrichit ma réflexion, comble mon besoin de comprendre, justifie, à mes yeux, ce que j’en écris pour le partager avec ceux qui voudront bien me lire mais, au-delà, qui m’apaise et me délivre d’un état que la retraite de la vie active m’a exclu.
Le même jour, je peux soulever la pierre du monde politique français et mettre à jour le grouillement de bestioles peu ragoûtantes. Délaissant la nouvelle du jour qui voit Mr Bouteflika réélu « dans un fauteuil » ou la démission de Mr Morelle répondant, j’imagine, aux turpitudes d’icelui, dénoncées par le site Médiapart, je prends connaissance de la parution d’un livre de Dominique Simonnot « Plus noir dans la nuit. La grande grève des mineurs de 1948 ». Cela me rattache à l’actualité par un détour un peu simpliste, je l’avoue, de ma pensée mais quand même : le gel du point d’indice des enseignants qui envoie le message on ne peut plus clair, à ces fonctionnaires honnis, que leur travail ne vaut pas tripette et, qu’en tout cas que le Président peut mettre l’école au centre des préoccupations, au centre de son action tout en faisant payer aux enseignants l’incurie de sa politique.
Mais revenons à la grève des mineurs dans le Pas-de-Calais en 1948. Jules Moch,ministre de l’Intérieur socialiste, envoie 60 000 CRS et soldats en armes, contre 15 000 mineurs grévistes qui protestent contre les bas salaires, l’inflation et le rationnement, et prend des mesures disciplinaires qui vont mettre « sur le carreau » près de 3 000 mineurs qui sont donc licenciés, qui perdent leur logement dans les corons et dont les enfants sont exclus de l’école, les familles ne peuvent plus bénéficier des services sociaux attachés à leur fonction en contradiction formelle du droit de grève assuré par la Constitution de la IV° république. On ose même dire qu’ils mettent la patrie en danger ! Plus de travail, les patrons des Houillères font le nécessaire pour que 700 d’entre eux ne retrouvent aucun travail et c’est la déchéance et la misère.
Après soixante ans de lutte, le combat de quelques personnages persévérant qui ne lâchent pas le fait que le droit de grève est garanti par la Constitution de 1946, aboutit enfin en 2008 après une conciliation qui n’a pas abouti, les Charbonnages de France faisant valoir que l’entreprise n’existait plus depuis le 1° janvier 2008 et qu’il y a donc prescription. L’avocat Tiennot GRUMBACH obtient enfin pour DIX-SEPT mineurs ou leurs ayants droits 30 000 euros de dommages et intérêts.
Mme LAGARDE, ministre de l’économie que l’on a connue très consensuelle pour les millions d’euros accordés pour préjudice moral à Mr Tapie a, soudain, des scrupules et se pourvoit, très élégamment, sûrement pour protéger les finances françaises, en cassation où elle GAGNE !!!
Mr Moscovici, héritier de Jules Moch a-t-il été pris de remord, le fait est qu’il a dit que ce ne serait pas convenable de leur demander de rembourser les 30 000 euros en raisons « des enjeux humains » ! Ouf, on respire ! Je ne connais pas la fin de l’histoire mais elle valait la peine d’être connue.