Pourquoi voter aux européennes ?
Au premier rang se trouvent les députes européens, une catégorie d’élus qui serait la plus navrante, la plus piteuse, la plus affligeante, s’il n’existait pas la catégorie des conseillers et experts qui font profession d’aider les précédents.
Les députés européens ne sont pas seulement cinq fois maudits, en cela qu’ils sont soumis aux lobbys des multinationales, qu’ils sont les godillots de leur parti, qu’ils sont submergés sous des tonnes de documents qu’ils ne peuvent lire et comprendre et qu’ils sont inefficaces mais, de plus, qu’ils sont muselés par une Commission, avec ses 27 000 fonctionnaires, qui a tous les pouvoirs réels alors qu’elle devrait représenter l’intérêt général mais qui a le pouvoir de négocier des traités de commerce et d’association avec des pays tiers comme le mortifère traité de libre échange qui se moque des gens pour ne favoriser que les multinationales.
Parmi le troupeau européen, ils voyagent dans le surmenage, confits dans leurs petites querelles, asservis à leur envie irrépressible de garder leur siège et, cependant, je leur reconnais l’illusion de se prendre pour des gens importants et irremplaçables. Ah ! Qu’ils sont contents quand ils reconnaissent, les premiers, un gouvernement ukrainien non démocratiquement élu, quand ils terrifient le dictateur syrien en lui promettant des sanctions dont il n’a que faire, lorsqu’ils oublient les enfants et les femmes qui meurent tous les jours ou s’exilent pour aller crever dans des camps ailleurs en attendant un franchissement de ligne rouge qu’ils sont les seuls à pouvoir déplacer à leur guise, et pourtant, le confort financier et moral dans lequel ils vivent semblent ne leur poser aucun problème éthique.
Au second rang se trouve l’Union Européenne, une masse informe de 28 pays, 24 langues, 4 traités, 1 monnaie unique et sans efficacité. Trois possibilités s’offrent à elle :
- Elle continue sur sa lancée libérale,
- Elle revient 20 ans en arrière après avoir inscrit l’élargissement de la liste des droits : droits sociaux, égalité hommes-femmes, services publics, renforcement de la protection des droits fondamentaux et interdiction de toute discrimination.
- Elle fait le pari de l’avenir en réalisant l’Europe politique et sociale dont se vantent, depuis des années, les élus de tous bords sans jamais la faire !
Eliminons d’entrée la troisième solution pour laquelle la Tour de Babel serait du bricolage. Qui peut croire que l’Allemagne accepte de perdre son hégémonie, que les pays riches – pourquoi, il y en a encore ? – payent pour les pauvres, que les nations acceptent d’abandonner leur autonomie ? Qui peut croire que certains pays vont accepter la mobilité des travailleurs, l’uniformisation des règles de l’emploi, les conditions de travail, que d’autres fassent la promotion de l’égalité homme-femme ou tirent vers le haut les systèmes de protection sociale ? Qui peut croire que tous les pays seront d’accord pour légiférer ensemble sur le mariage pour tous, la légalisation de l’avortement, la dépénalisation des drogues douces ? Cette Europe et les exemples qu’elle en donne tous les jours est incapable d’aller dans le bon sens mais surtout d’y aller ENSEMBLE, aussi longtemps qu’elle sera soumise aux marchés qui n’ont que le profit en ligne de mire et non le progrès.
Eliminons la première solution et je n’ai pas besoin de m’en expliquer davantage tant il est évident qu’elle nous conduit droit dans un mur dont nous n’avons peut être pas encore bien intégré la dureté et qui est notre rendez-vous avec L’Histoire.
Il reste la deuxième qui est en réalité le statuquo car inscrire les droits ne suffit pas encore faut-il qu’ils soient respectés.
Pour toutes ces raisons, j’irai à la pêche pour l’élection européenne.