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Changer de république, ça presse, ça presse !

9 Septembre 2014 , Rédigé par c laurans

Septembre 2014, c'est la rentrée et, comme toutes les rentrées, la reprise des activités économique, politique, scolaire, laborieuse...

La reprise ! Mais pas pour tout le monde et pour toutes choses car c'est toujours la crise et la rentrée ne laisse pas espérer un changement notable dans la vie quotidienne. Après la crise financière qui fut le premier signe d'une crise profonde et générale et où les banques perdirent la tête mais pas le nord, la crise économique a pris la suite. On a pris conscience que les chefs d'entreprises qu'on a encore du mal à appeler "entrepreneurs" tant ils font passer la distribution des dividendes à la place des investissements se sont tournés vers l'état pour obtenir des aides. On vient de comprendre, que le pouvoir socialiste, pour les satisfaire, a choisi de faire une politique de la rigueur, épousant ainsi le crédo du FMI, de la BCE et de l'Allemagne mettant en évidence qu'une politique dite de gauche peut ne pas différer beaucoup d'une politique de droite (la seule explication trouvée étant d'effectuer une pirouette pour passer d'une social-démocratie à un système social-libéral.) A ce sujet, il serait bon de passer le préfixe "social" à pertes et profits tant ce mode de gouvernance n'a rien affaire avec l'idée qu'on se fait d'une société en équilibre !

La crise économique entraîna logiquement la crise de société. Le chômage qui ne cesse d'augmenter aggravé par la destruction de l'industrie, l'apathie des entrepreneurs qui préfèrent se constituer des patrimoines plutôt que de promouvoir l'entreprise, le manque d'objectifs ou d'avenir pour une frange de plus en plus importante de jeunes et de séniors qui ne trouvent pas d'emploi ou qui perdent définitivement le leur sans espoir d'en trouver un autre, les promesses de femmes et d'hommes politiques qui promettent tout et n'importe quoi, fait que la crise de société s'aggrave.

Si l'on ajoute à cela que la crise politique touche tous les partis, toutes les idéologies on a les conditions pour que la seule porte de sortie soit un changement radical de société. En effet, les hommes politiques sont dévalorisés, leur crédibilité est entamée, leur parole fragilisée, leur comportement suspecté, leur compétence contestée.

On se rend compte, avec cet effondrement du pouvoir, que la constitution de la V°république ne règle plus les rapports entre le pouvoir et les citoyens mais est devenue un bouclier pour protéger le pouvoir des citoyens. on assiste à un parlement godillot dont la pérennité ne tient que par le bon vouloir du président de la république, des petits partis, des clubs qui prennent le relai des partis politiques, des idées même, minoritaires et extrêmes qui réussissent à faire croire que tout le monde est d'accord avec elles tant les autres ont disparu du débat.

C'est à une crise constitutionnelle que nous devons faire fac, à une fin de système que nous assistons, à l'agonie d'une république sans queue ni tête. Cependant, peu d'hommes politiques osent dire qu'ils faut un changement de république : par peur du vide, par manque d'idée, par confort, par fainéantise... Tous tiennent trop à leurs privilèges, ne comprennent rien au présent, n'entrevoient pas l'avenir au point de penser que l'on puisse trouver dans le passé, dans les hommes du passé, un projet utile pour l'avenir. Ils préfèrent proposer des corrections à la marge et cela donne, par exemple, les petits pas de côté que l'on a constaté pour réguler la finance et on réserve le volontarisme pour la politique extérieure où là, on intervient pour apporter à des peuples qui n'en ont que faire des règles qui ne font plus recette, ou sont contestées, tous les jours chez nous.

C'est le service minimum à l'intérieur et le roulement d'épaules à l'extérieur. (S'intéresse t on à l'Ukraine pour les Ukrainiens, ou pour le gaz russe ? à L'Irak, à la Libye, pour le pétrole ?)

En tout cas, chez nous on met le chômage au centre des préoccupations et on invente des machins qui reposent sur la volonté des distributeurs de dividendes et de gestionnaires de la crise dont la posture est de faire le dos rond en espérant que ça passe.

On parle de politique de l’offre ou de la demande, on consulte les économistes, chacun y va de sa théorie, les "ya qu'à" font école mais personne n'ose dire que tout ce qu'on essaye ne marche, qu'on s'est trompé sur presque tout mais qu'on continue comme en 40. On insiste même qu'il faut de la formation, de l'innovation, de l'éducation ( tout le monde est d'accord) mais ce n'est pas la réforme des rythmes scolaires à la maternelle et le traitement que l'on réserve aux apprentis, aux stagiaires, aux sans grades, qui permettra de faire oublier que les hommes de pouvoir peuvent être malhonnêtes ou que les meilleurs ont peur de se compromettre ou, pire, qu'ils ont peur qu'on leur trouve des poux sur la tête si on s'approche du pouvoir.

Alors, suffira t il de supprimer le sénat, de réduire les mandats électifs dans la durée ou préférera t on encore longtemps défendre les territoires au lieu de défendre les citoyens qui les habitent, conserver les privilèges, laisser encore longtemps les droits de l'eau, de l'air en déshérence ? Je ne sais, mais s'accrocher à une république décomposée ne saurait être encore longtemps la solution pour surmonter la crise. appelons les créateurs, les visionnaires, les intellectuels, les artistes avant que nos banlieues soient transformés en camps d'entraînements pour révoltés de toutes sortes et pour que l'ambition de nos jeunes ne se réduise pas à devenir footbaleur ou chanteur professionnel.

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