12° proposition/ 101 : et si on sifflait la mi-temps ...et qu'on discute !
Un préalable : les experts qui ont pris le pouvoir, en Grèce, ne font pas mieux que ceux qu’ils ont contraints à la démission et, de nouveau, la Grèce est dans le rouge.
Un constat : l’état Grec ne peut se réformer et de jour en jour, la situation s’aggrave. Mais, on ne peut, d’un claquement de doigt, éradiquer la fraude fiscale, diminuer la dette et demander aux créanciers privés d’abandonner 50% et demain 60, voire 70% des prêts qu’ils ont accordé à la Grèce. Si on ajoute à cela que la BCE (pour 50 milliards), l’union européenne et des organismes publics détiennent la plus grande partie de la dette grecque (240 milliards qui équivalent à la somme dont dispose le FEFS, Fonds Européen de Stabilité Financière, le MES ne sera efficace que dans plusieurs mois car l’accord des ministres des finances doit être ratifié par les 17 membres de la zone euro.), on comprend l’appel de Mme Lagarde, directrice du FMI, qui annonce que « Si le niveau de la dette grecque n'est pas suffisamment renégocié par les créanciers privés, [...] ils devront aussi participer à l'effort financier ». Et ainsi, nous paierons deux fois !
Une question : quand va-t-on se décider à admettre qu’un euro allemand et un euro grec ne sont pas équivalents ? Dire que l’Allemagne et la Grèce peuvent figurer dans le même cadre monétaire est aussi juste que de dire que la dégradation de la France n’est pas un problème grave alors que la « valeur » de la France est largement surévaluée. Dévaluer les monnaies des pays très endettés ne serait qu’un ajustement objectif et un assainissement financier et moral. Quand va t-on avoir le courage politique de dire, puisqu’on ne souhaite pas être solidaires à l’intérieur de l’Europe monétaire, qu’il faut une autre Europe construite sur d’autres bases ? Si nous ne faisons pas l’effort de faire un état des lieux objectif et si nous ne cessons pas de nous accrocher à une stratégie déséquilibrée qui essaie de faire croire que l’Europe peut encore avancer, bancale et malade, comme un seul homme, alors nous allons au-devant de grandes désillusions qui risquent de faire le plus grand mal à une grande Europe des peuples.
Une proposition : Un moratoire permettant un grand débat courageux, avant les élections, sur l’état de l’Europe, son avenir et les différents scénarios avec leurs avantages et leurs inconvénients. Peut-on encore admettre que, tous les trois mois, les docteurs se penchent sur le malade grec et que tels des Diafoirus, ils ne conseillent, exigent même, que des saignées pour ceux qui sont déjà exsangues ? Peut-on encore longtemps, renvoyer les mesures efficaces aux calendes grecques ? Qui peut encore croire que les spécialistes, les experts, les hommes politiques y comprennent quelque chose et appréhendent les véritables problèmes ? Qui ne se demande pas si, pour eux, l’essentiel n’est pas de manquer de courage pour reconnaître leurs erreurs, si ce n’est pas de se préoccuper plus de leur réélection future, si ce n’est pas la peur de l’inconnu ? Il est assez rassurant de se satisfaire de l’attitude qui consiste à trouver un bouc émissaire, de s’y acharner dessus et d’attendre que les choses tournent d’un côté où de l’autre ! Et si nous étions arrivés à une situation tellement bloquée qu’elle échappe à tout entendement humain parce qu’elle est devenue irrationnelle.