A Rome on béatifie, à Londres on bêtifie, à Marrakech on assassine.
Ainsi va la vie !
A Marrakech, l'histoire est déjà écrite même si les motivations ne sont pas encore connues. Le seront-elles un jour ? On parle d'attentat terroriste parce qu'aux urgences des quatre hôpitaux et cliniques, les médecins ont trouvé des clous dans les corps mutilés ce qui est une technique employée par des terroristes pour aggraver les conséquences de leur acte. S'agirait-il, pour la mouvance islamiste, de montrer que le Printemps arabe n'a pas éliminé le danger terroriste, de prouver que les tentatives de libéralisation du régime marocain ne peuvent que retarder l'avènement d'un gouvernance islamique ?
Les terroristes, après avoir expérimenté les détournements d'avions dans les années 70 (40 à 50 par an) qui étaient une façon de faire chanter des états et de demander des libérations de terroristes emprisonnés et qui se sont terminées, presque toujours, par une négociation « réussie » ou par la capture ou la mort des terroristes, ont eu leur heure de gloire en détruisant les Twins Towers. Les prises d'otages, les assassinats, les attaques chimiques sont parmi les techniques employées pour terroriser les populations.
Cependant, les terroristes n'effraient plus personne et leurs exactions sont entrées dans les mœurs. A Marrakech, où 800 000 Français défilent, tous les ans, sur la place Jamaa El Fna, l'attentat d'hier au café Argana sera vite oublié, comme le massacre des touristes sur le site d'Hatchepsout en Egypte et les nombreux riads appartenant aux riches français du show-bizz et de la politique ne seront pas, pour autant, abandonnés par leurs heureux propriétaires.
L'essentiel, pour les responsables économiques, n'est pas de trouver des réponses politiques au défi de l'extrémisme mais c'est d'agir pour que ce drame pèse le moins possible sur le tourisme et les retombées économiques du pays qui a investi des dizaines de milliards d'euros dans le cadre de la Vision 2020 dans des projets pharaoniques tous axés sur le tourisme et en ne prenant pas la mesure de la fragilité d'un pays qui axe tout sur une activité touristique au détriment du développement du pays.
A qui profite le crime ?
Le mariage à Londres est imminent et, déjà, on calcule, d'un côté le coût d'une telle manifestation et de l'autre, les retombées économiques et on nous balance des chiffres tous plus gros les uns que les autres et tous aussi incontrôlables les uns que les autres.
Pour la presse ce matin, c'est plutôt une bonne affaire comme devraient l'être les jeux olympiques 2012, et le jubilé de diamant de la reine. Une bonne affaire pour qui ? Pour les étudiants qui ont vu leur inscription en Fac augmenter de façon drastique, les 490 000 fonctionnaires qui vont être supprimés en quatre ans par « l'homme à la hache », le bien nommé ministre des Finances de his majesty, et tous ceux qui vont voir les aides diminuer comme peau de chagrin.
A qui profite le plan de rigueur ?
La béatification de Jean-Paul II. Quelle histoire !
Comment peut-on se réjouir, même si le confort de la petite sœur Marie Simon-Pierre est une bonne nouvelle, surtout pour elle qui guérit, en une nuit de la maladie de Parkinson, deux mois après la mort du dit Jean-Paul qui « avait intercédé pour elle auprès de Dieu », de ce miracle quand il y aurait tant à faire dans le monde pour soulager la souffrance des peuples ?
A qui profite le miracle ?
Cela me conduit à changer le titre de ce texte en :
A Marrakech on assassine, à Londres on béatifie et à Rome on bêtifie.
Une idée par jour J-358
Comment la France sera t-elle représentée lors de ces trois événements mondiaux ?
Je ne sais mais propose que :
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l'état français étant une république laïque, aucun représentant élu ne représente la France au Vatican et à Westminster Abbaye.
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De nombreux responsables politiques et de la société civile se rendant régulièrement dans leur riad à Marrakech représenteent la France aux obsèques de toutes les victimes de l'attentat pour exprimer notre solidarité et notre refus de la violence gratuite.