Abstenez-vous de tweeter ! Votez!
La politique française, entre ces deux tours des élections législatives, nous donne de bonnes raisons pour « aller à la pêche » dimanche. L’abstention, au rythme où vont les choses, a de beaux jours devant elle. Si elle a établi un record lors du premier tour depuis qu’on vote sous la cinquième république, je pense qu’au deuxième tour, elle a toutes les chances –si je peux m’exprimer ainsi- elle devrait le battre et, peut-être, qui sait, le pulvériser.
Le ni-ni de la droite qui répète à l’envie que le FN et le Front de gauche c’est la même chose et qui est outrée que le PS fasse alliance avec le Front de Gauche quand on lui conteste le droit de faire la même chose avec le FN. Cela a le don de les agacer terriblement et beaucoup voudraient bien, qu’une fois pour toutes, le problème ne se pose plus et que le désistement entre les deux formations de droite soit aussi automatique qu’entre les formations de gauche. Sauf qu’il n’y a pas d’alliance entre les deux partis et Mr.Mélenchon l’a assez dit tandis que Mr.Hollande l’a clairement évoqué pendant sa campagne en précisant qu’il ne sollicitait personne et que ceux qui le souhaitaient devaient se ranger derrière son programme.
A tout bien considérer, en 2012 et depuis deux scrutins que Mr.Sarkozy a initié le ni-ni – un temps contré discrètement par Mr.Fillon qui est rentré dans le rang depuis qu’il sait que 67% des électeurs de l’UMP souhaitent cette alliance – la droite et le centre droit ont plus d’idées en commun que de différences avec le FN. Au FN, on n’a cessé de répéter que l’UMP prenait ses idées au FN et Mr.Sarkozy ne s’est pas caché de siphonner les voix du FN. Mme Morano, fervente thuriféraire de l’ancien président, à la Une de Minute, a déclaré : « A ce que je sache, le Front national n'est pas interdit par la République" et a invité les électeurs du Front qui partagent ses valeurs à voter pour elle, dimanche. La réaction de Mme Le Pen ne s’est pas fait attendre et, celle qui met des candidats à l’élection républicaine sur une liste noire, a chaudement félicitée, montrant bien le chemin que pourrait suivre une recomposition de la droite. Les hypocrites qui essaient de faire encore croire qu’ils ne partagent pas les valeurs du Front ont hâte que la page de JM Le Pen soit tournée, que les socialistes s’ébattent encore dans quelques affaires, que les conflits partisans l’emportent sur l’intérêt des Français, que quelques tweets assassins et ridicules ridiculisent le combat des idées, pour ne plus avoir d’état d’âme. (Je parle, par exemple du tweet grotesque et mal venu de la compagne du Président de la République qui soutien un candidat dissident tandis que le Président, un de ses ministres et la secrétaire du PS soutienne la candidate régulièrement investie. Drôle de dame, drôle de méthode, drôle d’ambiance, ce soir, à l’Elysée ! Car, si je ne veux pas entrer dans le débat de savoir qui est le plus légitime des deux, ce qui me paraît très compliqué entre une Présidente de Région et un responsable ancré dans la circonscription et même si je pense que la candidate arrivée en tête doit bénéficier du report de toutes les voix de gauche, ce que je ressens comme une faute grave de la part de Mme Trierweler c’est qu’elle a revendiqué son désir de continuer son métier de journaliste et que je n’aime pas l’idée qu’il y aura à côté du Président une journaliste d’opinion). La politique est suffisamment dégradée, le climat délétère pour que celle qui n’est pas élue, celle qui veut rester une journaliste indépendante comprenne que sa place à côté du Président se doit d’être la plus discrète possible. Elle ne pouvait pas ignorer que les époux ou les épouses – les compagnes et les compagnons de même – de ministres, d’hommes ou de femmes politiques ne sont plus des citoyens comme les autres et que leurs tweets ne sont pas la meilleure façon de rendre service à l’expression morale de la vie politique.