Achetons Français ! Fabriquons Français ! Pétons français !
De l'extrême droite à la gauche, le slogan est dans l'actualité.
En mettant l'accent sur les différences entre le "acheter" et le "fabriquer", Mr Sarkozy a donné une leçon de réalisme politique et de réactivité à ceux qui se trompent de combat.
Mais, dire, en même temps qu'il faut faire l'Europe et qu'il faut acheter français est une énormité ! Dire qu'il faut acheter français alors qu'on a mis en place une réglementation des marchés publics qui, à partir d'une certaine somme, oblige à faire les appels d'offres à l'international est une tromperie et à ceux qui s'offusquent que La Poste achète des scooters à l'étranger, je fais remarquer que c'est parce qu'ils sont, à qualité égale, moins chers qu'en France ! Dire qu'il faut acheter français quand on a favorisé, par une prime à la casse, l'achat de petites voitures fabriquées à l'étranger par des entreprises françaises comme Peugeot qui compte supprimer les emplois recherche-innovation en France pour les délocaliser en Amérique du sud est irresponsable ! Faire croire que l'on peut, tranquillement, vendre des airbus à la Chine sans, en contrepartie, signer des accords commerciaux pour lui acheter des produits textiles ou vendre des armes à la Corée du sud sans accepter de recevoir ses téléviseurs plasma et ses petites voitures est une imposture ! Dire qu'il faut fabriquer français quand on s'est ingénié, pendant des décennies, à favoriser les petits copains qui délocalisaient allègrement, c'est vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Dire qu'il faut fabriquer français sans prendre les mesures qui favorisent la mise en application du slogan, c'est se préparer à de nouvelles désillusions ! Dire qu'il faut acheter des produits français quand on sait que, quand ils sont fabriqués à l'étranger à un coût moindre, ils sont revendus en France, beaucoup plus cher, c'est mettre la charrue avant les bœufs et de plus, à l'heure actuelle, oser dire à des chômeurs, des rmistes, des bas salaires d'acheter français est une ignominie !
Il est peut-être temps que la classe politique, gauche et droite réunies, cesse de nous dire ce qu'il faut que nous fassions, nous manipule avec des sondages pour ceux qui exercent le pouvoir, ou nous berce d'illusions pour ceux qui comptent l'exercer demain ! Il est temps que la classe politique prenne les bonnes décisions, trouve les bonnes solutions pour que les choses s'améliorent au lieu de nous sortir, avec un parfait ensemble, des slogans pour vendre leur lessive.
Qu'ils cessent de nous dire qu'il faut dire la vérité aux Français quand ils s'ingénient à leur mentir. Le triste épilogue – dans quelques jours si l'on en croit la rumeur – du triple A en est un exemple risible.
De "si on perd le triple A, on est mort" à "la perte du triple A n'est pas une catastrophe", on observe, sinon l'errance intellectuelle de nos dirigeants mais, au moins leur fourberie et la litanie des déclarations pour ne rien dire. En fait, que signifient ces deux observations opposées à quelques semaines l'une de l'autre ? C'est que ce ne sont que des mots à l'adresse des marchés qui font et défont la politique des états avec leurs bras armés, les experts en tout genre qui se trouvent, peu à peu, à la tête des états sans avoir été élus et des mensonges à l'adresse des Français pour leur faire accepter les plans d'austérité pour les plus faibles d'entre eux, car, il ne faut quand même pas perdre de vue que ce sont toujours les mêmes qui sont les victimes des plans de rigueur.
Quand il disait la première phrase, Mr Sarkozy savait que la France empruntait à des taux plus élevés que ceux d'autres pays européens et que, objectivement, la France avait sa note dégradée dans l'esprit des financiers prêteurs et, en disant la seconde, il sait aussi que la dégradation va rendre le remboursement de la dette un peu plus cher mais, qu'en aucun cas cela ne résoudra la crise. En effet, les emprunts que nous faisons actuellement ne servent pas à investir pour ré industrialiser la France mais pour rembourser une dette qui deviendra de plus en plus chère puisque payée par des intérêts plus élevés !
Le bouclier fiscal, la défiscalisation des heures supplémentaires, la réforme de l'impôt sur la fortune, les gaspillages issus d'une gestion catastrophique de l'argent public ne pourront être compensés par la suppression des inspecteurs pédagogiques dans les lycées de M. Chatel, par le remplacement des cartes de vœux papier par des cartes de vœux informatiques et des petits fours par des galettes aux vœux de Mme Pécresse, ni les cures d'amaigrissement des ministres pour faire djeuns !