Actualité à pleurer!
L’actualité, ce jour, est à pleurer. A Tampa, Ann Romney, l’épouse du milliardaire mormon qui brigue la présidence des Etats-Unis d’Amérique, a ému tous les républicains présents à la Convention – ou peut-être les a t elle fait rire comme n’ont jamais réussi à le faire Laurel, Hardy, Keaton et Chaplin réunis – en alignant, à la tribune une logorrhée sirupeuse en contradiction totale avec les discours de son époux et du vice-président probable.
Les USA ont tout perdu comme le disait très humoristiquement, lui, un éditorialiste de France Culture. Ils ont perdu leur idéal, leur fierté, leur beau rêve te leur identité, des guerres, perdu les images des premiers pas d’Armstrong sur la lune et ils risquent de perdre notre estime avec l’exhibition de la future first lady. On reste pantois quand on lit le compte-rendu, que fait M.Rousselot dans Libé, du show de la femme du candidat.
On frissonne lorsqu’elle annonce, tout de go : «Je ne veux pas vous parler de politique ce soir, je ne veux pas vous parler du parti. Je veux vous parler du fond de mon cœur pour toucher vos cœurs. Je veux vous parler d’amour.» Il est vrai que les sondages montrent que son mari en a énormément besoin. IL faut dire qu’il y met du sien tant ses déclarations changent dans le temps du tout au tout. Un jour il est pour l’avortement, le contrôle des armes et le maintien de l’impôt sur les revenus, un autre il annonce qu’il nommera des juges contre l’avortement à la Cour Suprême, il défendra bec et ongles l’amendement n°1 et supprimera l’impôt sur le revenu. Il pense aussi que la différence de PIB entre Israël et le peuple palestinien s’explique par une différence de culture.
On grelotte lorsqu’on entend qu’elle ne peut « jamais se coucher sans entendre le soupir de souffrance de l’Amérique. »
On chancelle quand elle se lance dans le récit de son histoire conjugale : «J’ai lu quelque part que nous avions un mariage de conte de fée», mais dans les contes de fée que j’ai lus, il n’y a jamais de longs, très longs après midis d’hiver pluvieux passés avec cinq garçons qui criaient en même temps. Et ces contes de fées ne comptaient pas de chapitres sur la sclérose en plaques ou sur le cancer du sein» et on vibre à l’idée que, pour elle, tout va bien aujourd’hui ainsi que pour ses dix-huit petits enfants qui, je l’espère, ne crient pas tous en même temps « grand-père président ! »
On vibre quand elle refuse de « parler de ce qui nous divise », -l’argent ?- pour n’évoquer « que ce qui nous rapproche», -rien ?- et qu’elle assure que son mari a passé son existence à aider les autres. Et accessoirement à faire fortune, peut-être d’ailleurs en aidant les autres !
On est rassuré, en tout cas, l’Amérique n’a pas perdu son sens de l’humour noir et sa forte connaissance de la communication car elle reste un exemple pour ce qui est de l’organisation des services de com.
A pleurer les opérations « camps de Roms ». La CIRCULAIRE INTERMINISTERIELLE NOR INTK1233053C du 26/08/2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites de Roms avec application immédiate vient de sortir. Cette population particulière pose un grave problème et ce qui est à pleurer c’est qu’on n’arrive pas à trouver une solution raisonnable qui protège cette catégorie de gens du voyage et assure, aux riverains de ces campements, la tranquillité.
Puisqu’il s’agit d’un problème européen, on est impatient de voir l’Europe arriver à des règles élémentaires de migration, de stationnement de ces populations. L’Europe, qui se réunit sur toutes sortes de sujets, ne peut-elle enfin avoir une ligne de conduite commune respectueuse des personnes ? Si le nomadisme des gens du voyage n’est plus possible dans notre société actuelle, il faut avoir le courage politique de dire les choses clairement ! Entrant dans la catégorie juridique « gens du voyage », seulement 15 % de ces populations seraient itinérantes. Et dans ces quinze pour cent figurent les forains qui ont une activité qui nécessite de fréquents déplacements et qui stationnent toujours dans des lieux réservés. Il reste donc une minorité de nomades qui ne correspond pas à la définition « gens du voyage » puisqu’elle n’exerce pas d’activité économique ambulante et qui campe n’importe où. Cette frange fausse le débat. N’ayant pas de domicile fixe et ne souhaitant pas en avoir, elle se trouve en butte incessante avec le mode de vie contemporain mais ce n’est pas nouveau et les « voleurs de poules » de mon enfance n’ont plus leur place dans une civilisation de l’égoïsme, du repli identitaire, du communautarisme. Quand j’étais enfant, l’arrivée au village de roulottes de gitans – c’est ainsi qu’on les appelait – était une des distractions préférée des enfants. Nous allions, en « guerriers des boutons », espionner leur campement que les mairies toléraient parce que les hommes étaient rempailleurs de chaises, tisseurs de joncs, artistes de l’osier et les femmes ramasseuses de peaux de lapins, diseuses de bonne aventure. Un monde sépare ces deux époques séparées par cinq décennies seulement. Que de frissons nous procuraient ces gens paisibles qui arrivaient, peu ou prou, à vivre leur errance en travaillant un peu, en glanant beaucoup mais jamais tranquilles tout en s’étant forgé, au cours des siècles, une armure de bouc-émissaire. Pour les petits garnements que nous étions, ils représentaient l’ogre auquel on serait livré si nous n’étions pas sages ! Reste t il dans l’inconscient collectif de quelques-uns d’entre nous qui ont connu cette époque quelque chose qui expliquerait leur attitude actuelle ?