Après les élections cantonales.
Les lendemains d’élections sont riches en enseignements. D’abord par la confirmation ou non des sondages, des tendances, des projections d’avant élection. C’est la fin des supputations et la confrontation avec la vérité et, pour certains le réveil est brutal.
Première constatation, les sondages sont parvenus à une fiabilité qui confirment que la photographie prise à un moment donné est confirmée par le vote qui la suit. Ils ne sont donc pas nécessaires sinon pour faire le « buzz ». Au moment où j’écris ces lignes, un sondage BVA , Orange et France Inter sort pour annoncer que, si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, Sarkozy serait éliminé au premier tour! Sauf que l’élection est dans un an!
Deuxième constat, le FN progresse dans les 394 cantons où il était présent au deuxième tour et ceci quel que soit le candidat, y compris quand il était un nouvel adhérent inconnu du corps électoral. Cela signifie que :
1-Le FN progresse dans tous les duels, que ce soit contre un communiste, un socialiste ou un UMP. Cela signifie t-il que, lorsque le FN se trouve face à l’UMP, une partie des voix « de gauche » se porte sur son nom? Sinon, cela veut dire qu’il a encore un réservoir de voix qui peut se mobiliser.
2-Les consignes de vote divergentes des leaders de droite et, en particulier le ni FN-ni Front républicain a favorisé grandement le FN car c’est dans les duels FN6Gauche que la progression du premier a été la plus forte.
3-« Ce n’est pas l’immigration qui fait monter le vote FN mais la mondialisation » (C.Bonnal)
Troisième bilan, le basculement de quelques cantons et départements ne change pas fondamentalement la géographie politique de la France. Tout ce petit monde se félicite en trouvant toujours une bonne raison d’être satisfait, souvent au détriment de l’autre.
Quatrième constatation et pas la moins intéressante, l’abstention a battu tous les records. Pourquoi?
Les Français ne savent plus pour quoi, pour qui ils votent.
Aux élections municipales, ils votent pour une liste. Dans certaines grandes villes, le maire une fois élu s’empresse de partir vers d’autres cieux plus propices :parlements, gouvernement. C’est, cependant, avec les présidentielles, celles pour lesquelles l’abstention est la plus basse.
Pour les élections européennes, on connaît mal le candidat, mal le processus électoral et l’Europe c’est si loin. De plus, c’est la confusion car c’est l’occasion de voter contre la politique du gouvernement; l’exemple le plus frappant est le référendum pour la constitution annulé par un vote du congrès!
Pour les cantonales et les régionales, eu égard au fait que nous sommes dans une période de transition, et l’empilage des fonctions électives : conseil régional, général, communauté de communes, d’agglomérations, pays, on est en présence du scénario parfait pour démobiliser l’électorat.
Pour les présidentielles, à gauche, après un an de communication pour nous expliquer que les primaires du PS vont faire émerger un candidat qui réunira, ils nous préparent à la candidature du ticket DSK-Aubry (circulez, il n’y a rien à dire) et à droite, une partie monte au créneau pour nous dire que le Président dévalué est le seul candidat possible et l’autre partie se bouscule au portillon pour prendre la place vacante.
On ne règlera pas le problème de l’abstention avec de tels comportements. IL se peut même qu’on l’aggrave.
Dernier constat, pour aujourd’hui : la chasse aux « bonnes idées » pour juguler l’abstention est ouverte.
Vote obligatoire, comptabiliser les votes blancs ou nuls, faire payer une amende… Dans quelques jours, on n’en parlera plus, jusqu’aux prochaines élections!
La morale de l’histoire, c’est que les hommes politiques usés doivent laisser la place à des femmes et des hommes pour lesquels faire de la politique c’est débattre d’idées généreuses, trouver des consensus faisant progresser l’intérêt général et qui sachent partir lorsqu’ils sont désavoués ou qu’ils ont échoué.