Baroin, Lagarde, Bertrand et Cie, la prime à l'incongruité;
La prime de 1 000 euros, une supercherie, une imposture, un artifice. Quel sens donner à ce nouveau coup médiatique du brillant Baroin ? Que dire de la cacophonie qui s ’ensuivit quand les ministres du travail, de l’économie, la patronne du Medef, aucun d’entre eux ne voulant être en reste, y mit son grain de sel et rendit le potage immangeable !
L’un veut une loi avant l’été et veut lier la prime aux versements de dividendes, l’autre ne veut pas fixer la somme ni les modalités qui seront négociées dans chaque entreprise, la troisième fait la moue jusque sur France Inter. La croisière s’amuse pendant que les salaires des fonctionnaires sont gelés, que le pouvoir d’achat n’est plus à l’ordre du jour et que, mécaniquement, le SMIG va augmenter en juillet ou août en fonction de l’inflation.
En fait, ce ne sont ni le montant, ni les modalités qui importent d’autant plus qu’il est évident que ce ne seront que des niches fiscales en plus pour les grosses entreprises qui tireront, de toutes façons, les marrons du feu pour les distribuer aux actionnaires avec, en plus, la satisfaction affichée d’un comportement responsable et social. Mais en fait, lorsque l’entreprise versera une prime annuelle ( 1 000 euros représentent 83 euros par mois) elle s’exonèrera, à bon compte, d’une augmentation de salaire et des charges afférentes qui ne rentreront pas dans les caisses de l’état (comme pour les heures supplémentaires), cela ne sera pas pris en compte pour le calcul de la retraite du salarié, qui subira la double peine.
On voit bien que les primes sont des ersatz, des imitations grossières de libéralités généreusement octroyées. La morale de l’histoire est qu’il faut refuser cette nouvelle arnaque gouvernementale et se battre pour une réelle augmentation du pouvoir d’achat.
Malgré toutes les statistiques qui prouvent que la richesse est de moins en moins bien partagée, Mme Parisot oppose des chiffres qui prouvent le contraire. Sa démonstration vulgaire nous prouve qu’il n’en est rien.
En effet, j’ai recherché des statistiques du Moyen-Âge et j’ai constaté qu’elle avait raison ! Dans mon petit village de Haute-Provence en l’an Mil, les écarts de fortune entre les serfs et le seigneur du village étaient beaucoup, beaucoup plus grands ! J’ai eu la curiosité, pour me convaincre de la pertinence des propos de la patronne des petits et moyens patrons, de regarder les statistiques du milieu du XIX° siècle et j’ai, derechef, constaté qu’elle avait encore raison et que l’écart entre l’ouvrier et le Maître de forges était beaucoup, beaucoup plus grand qu’aujourd’hui ! Souhaitons simplement que, lorsque la patronne des patrons, en 2 100, lira les statistiques, elle y dénichera les mêmes conclusions.