D de Villepin, citoyen d'honneur de la république.
Le revenu citoyen de Dominique de Villepin, une bonne mauvaise idée!
C’est vrai, qu’au premier abord, l’idée semble humaniste. Le but serait de ne pas garder une partie de la population française, en difficulté, dans le dénuement. La solution serait de permettre à chacun d’atteindre le salaire médian fixé, semble t-il, à 1 500 euros. A chacun des Français majeurs, bien sûr, ce qui exclut d’office les travailleurs étrangers qui vivent en France. Peut être est-il utile de le faire remarquer.
Si l’idée n’est pas nouvelle, elle a le grand avantage de poser de bonnes questions, d’enrichir le débat, peut-être même de faire avancer la réflexion sur ce que pourrait être la société de demain.
L’état de la société aujourd’hui, nous le connaissons. C’est le chômage qui touche les plus jeunes et les plus de cinquante ans, c’est la précarité de l’emploi, les emplois à temps partiel, la désindustrialisation sauvage et irresponsable due à des politiques industrielles et commerciales à courte vue utilisant les délocalisations pour un profit à court terme et des politiques nationales myopes, l’absence de solidarité et de fraternité, la course aux hauts salaires, retraites chapeaux, stock-options, la disparition de nombreux emplois consécutive à la robotisation des tâches sans que cela génère de meilleures conditions de vie puisque la seule idée qui créa la fracture et permit l’élection de Sarkozy fût de prôner le « travailler plus pour gagner plus » qui trompa bien son monde, la volonté toujours affirmée de ne pas partager le travail et encore moins les richesses…
A la lecture du bilan, on voit bien que les solutions ne sont pas dans un revenu universel mais, je veux bien en discuter.
Le revenu citoyen, pour le coup, est une véritable rupture avec le sarkozysme et ne serait-ce que pour cela il faut en parler. C’est vrai que remplacer une société bling-bling ou les vrais valeurs sont les montres Machin, les renforcements des privilèges, les boucliers et niches fiscales de tous ordres, les aides à ne pas crever dans la misère pour certains et dans la détresse pour d’autres, par une société solidaire et fraternelle, où les rapports sociaux, les activités culturelles, l’intelligence du cœur, seraient les principaux objectifs, devrait recueillir l’adhésion du plus grand nombre et la mienne.
Mais qu’est-ce qui cloche, donc ?
Est-on sûr que le revenu machin permettra de vivre décemment, et conduira le veinard récipiendaire vers une retraite digne ? Ce que l’on sait, c’est qu’il ne permettra par d’épargner, qu’il contribuera donc à garder dans une précarité institutionnelle ceux qui en seront les bénéficiaires et les prisonniers.
Pense t - on, véritablement, que celles et ceux qui se trouveront dans cette situation de dépendance auront le courage d’aider à la création, de participer à la vie de la société, de dispenser leurs loisirs dans l’associatif ?
N’est-ce pas plutôt une façon de faire tenir tranquille une partie de la population qui ne pourra continuer à accepter, sans broncher, les écarts de fortunes et les différences de traitement entre gens soi-disant égaux en droits!
J’émets l’idée saugrenue et iconoclaste qui est celle d’un calcul d’une droite libérale aux abois, dépassée par la montée des mécontentements, incapable de trouver des solutions pérennes, soucieuse de protéger ses privilèges, tous ses privilèges et qui a fait le calcul obscène suivant : je sais que le système que je prône contribue à fabriquer une frange pauvre de la société incompressible que je dois, à tout prix, juguler, contrôler, gérer. Je crée donc une « caste » (je trouve le mot adéquat) que je rassure et dont je m’assure l’adhésion « à l’insu de son plein gré » en la formalisant, en l’institutionnalisant. J’en assume la vacuité et l’inutilité et je m’assure une tranquillité de bon aloi pour continuer de mener à bien mes « affaires » en connaissance de cause.
L’idée est machiavélique ? Pas plus que celle qui tend à faire croire que le revenu-machin ne va pas renvoyer la femme au foyer s’occuper du ménage, qu’il ne vas pas créer des discriminations entre les citoyens qui touchent le SMIG ou les retraités qui perçoivent 1 500 euros et qui ont cotisé pendant 45 ans, ou avec tous ces travailleurs émigrés qui n’y auront pas droit.
Et puis on est dans la course à l’échalote ou, plus exactement, à celle aux voix pour 2012. C’est la raison qui fait proposer à Baroin, sur une idée du Président, que les entreprises versant des dividendes devront verser à leurs salariés une prime de 1000 euros ! Et cela sera inscrit, en juin, dans le collectif budgétaire. Effet d’annonce assuré ! Malheureusement, on ne voit pas bien l’intérêt de cette mesure alors qu’existe déjà l’intéressement, que très peu d’entreprises distribuent des dividendes, et parmi elles, 16 % sont des PME, PMI, 30% sont des entreprises de 250 à 5000 salariés et 41% de plus de 5000 salariés. Cela ne touche donc pas une grande partie des salariés mais, au journal de 20 heures cela fait toujours son petit effet et tant pis si cela crée, encore, des discriminations, des injustices et pénalise toujours les plus petits. Selon l’Expansion, «
L'objectif est notamment de viser les entreprises "qui ne sont pas soumises à l'obligation de verser la participation", selon Christine Lagarde, c'est-à-dire celles de moins de 50 salariés. » Justement celles qui sont le moins concernées (voir plus haut, ndlr).
Alors, pour conclure provisoirement, je préfèrerais que l’on discute d’une vraie remise en question de la fiscalité, d’une nouvelle philosophie du travail; de la place des loisirs, et, peut-être, pour commencer, de mener une réflexion sur la place du travail dans la société robotisée de demain. Travailler moins pour vivre mieux en partageant mieux les richesses produites. Sont-ce des gros mots ? On l’appellerai « le revenu-bonheur universel ». N’est pas D de Villepin qui veut.