Bouleversé moi, pas du tout !
L'affaire DSK est-elle un bouleversement politique ou un préciput avorté ?
Certains avaient décidé que DSK devait hériter du droit de devenir président de la république. Les sondages, les appuis, dans son propre parti de ceux qui avaient démoli la candidate Ségolène alors qu'elle s'était imposée au sérail par une popularité qui ne devait rien aux combines partisanes, sa stature internationale, l'accord blanc-seing que Mme Aubry signa pour ne pas se mettre en travers de la route du favori des sondages, les candidatures factices de M.Valls qui prenait date, tout cela contribuait à faire, du premier tour, un tour pour rien et du deuxième, une simple formalité.
Et puis voilà que, patatras, le fantomatique édifice s'écroule et que la réalité s'impose. Des candidats à gauche, qui ont des choses à dire et que l'on vilipendait parce que l'idole ne s'était pas décidée à descendre dans l'arène, vont pouvoir enfin nous parler de leurs ambitions, de leur programme, de leurs idées. La politique, le débat reprennent leurs droits et on va pouvoir passer à des choses plus sérieuses que les supputations, les « un pas en avant et deux en arrière » de la politique-fiction.
Les journaleux, terme péjoratif, que j'emploie sciemment, pour qualifier ces journalistes qui font l'actualité avec des dépêches d'agences et les blogs d'Internet, mis en cause pour leur connivence avec les hommes politiques, ont du pain sur la planche pour se colleter avec une presse américaine adepte du costume de Superman. Si la première est accusée de copinage et de rétention d'informations sur la vie privée des hommes politiques, la seconde a fait le choix de tout montrer. Je ne sais pas si l'une l'emporte sur l'autre dans la déontologie journalistique ; ce que je sais c'est qu'une élite de la presse, de la banque, du show-business, de la culture et j'en oublie sûrement, se coopte, s’entremêle, déjeune ensemble, voisine à Marrakech ou dans le Lubéron, échange les rôles, les adresses et parfois les femmes. Les responsables de rédactions, presque tous, ont table ouverte sur toutes les chaînes de télévision et la presse écrite vient se montrer dans l'audio-visuel pour faire le show dans des émissions présentées par des bateleurs dont la principale préoccupation est le buzz et l’Audimat.
Pour en revenir à la question du début, je dirai qu'il ne s'agit aucunement d'un bouleversement politique ; juste une anecdote dans le maelström politico-médiatique susceptible d'occuper les « unes » jusqu'à ce qu'une nouvelle plus trash ou plus dramatique ne vienne brouiller les cartes et prendre toute la place.
Pour ma part, je souhaite que l'on me parle d'une réforme fiscale qui remette à plat tout le système gangrené par les différentes niches qui se sont entassées depuis des lustres et qui font que l'impôt sur le revenu est devenu une loterie ou un outil privilégiant les plus fortunés, les mieux informés (ce sont les mêmes), les moins taxés !
J'aimerais que l'on cesse de mettre à l'étude des mesures qui doivent être prises en urgence, que l'on ne nous amuse pas avec des primes bidons, que l'on assainisse le climat de confusion qui fait que, lorsqu'un débat s'instaure, la défiance est telle que le premier réflexe est de penser qu'il y a une arrière-pensée ou qu'une minorité s'en offusque avant que d'avoir abordé le sujet.
Je souhaiterais que tous les aboyeurs de service cessent d'employer, à tort et à travers les mots de cancer, de lepénisation, de raciste.
Je voudrais que ceux qui glosent sur la maternité prochaine de Mme Sarkozy laissent de côté l'aspect combine que certains dénoncent déjà pour ne penser qu'à la beauté, la pureté, l'innocence de la venue de l'enfant. La maternité est une belle chose, le petit bébé qui va naître un don de la nature, ne l'abîmons pas avec des supputations , des calculs indignes.
Je voudrais mettre un terme à ce blog, mais je ne peux pas et que ceux qui me font le plaisir et l'honneur de le lire en soient remerciés.