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Pétrole libyen contre pétrole syrien ?

23 Mai 2011 , Rédigé par C

 En Syrie, on tire à balles réelles sur les processions pendant les obsèques des civils tués pendant les manifestations pacifique contre le pouvoir. A Homs, à Saqba les rafales de fusils d'assaut répondent aux jets de pierres des manifestants. Tous les jours, dans tout le pays, des manifestants sont tués dans la plus parfaite indifférence, au moins affichée, par le reste du monde.

 

Le régime attribue les manifestations à des gangs armés terroristes ce qui a motivé des jeunes manifestants à défiler, torse nu, pour montrer qu'ils n'étaient pas armés.

La torture s'est généralisée.

L'ONU et des ONG estiment que la répression a déjà fait plus de 900 morts, entraîné plus de 8 000 arrestations et poussés de nombreux Syriens à l'exode cependant, la censure, les restrictions imposées aux médias étrangers aboutissent à un black-out sur les événements et le comptage des victimes. Le roi Abdallah de Jordanie a, semble t-il, tenté une médiation auprès de Bachar al-Assad, de même que la Turquie, son allié naturel, et l'OCI – Organisation de la Conférence Islamique- en pure perte.

Quelques européens ont condamné la situation en Syrie, la France « souhaitait » des actions contre Bachar mais les 27 pays européens sont tombés d'accord pour sanctionner 14 membres du régime en leur appliquant le gel de leurs avoirs en Europe et des refus de visas ! Ils en tremblent encore !

 

Que les chrétiens soient chassés par des salafistes antigouvernementaux, que des imams radicaux sunnites, opposés aux chiites dont est issue la tribu allaouite dont Bachar est le chef en Syrie ne peut justifier la torture et les massacres de manifestants pacifiques.

 

En Lybie, l'Otan a intensifié ses attaques. Huit navires de guerre ont été coulés vendredi dans les ports de Tripoli et de Syrte. L'Otan a mené des frappes près du complexe résidentiel du colonel Kadhafi. Le conflit en est à son troisième mois et la France décide d'engager des hélicoptères de l'ALAT , mais est-ce bien en accord avec la résolution de l'ONU ? Les hélicoptères sont-ils en mesure d'assurer l'exclusion de l'espace aérien ou sont-ils engagés pour des actions de bombardements au sol ? Cela confirmerait le souci de nombreux observateurs qui annonçaient, dès le début du conflit, qu'on ne peut gagner une guerre qu'avec des frappes aériennes. Cela ne prépare t-il pas une attaque par des forces au sol ? On sait que des forces spéciales française, au sol, interviennent déjà pour repérer et guider les frappes aériennes ; à quand des forces tout aussi spéciales pour des coups sur le terrain où la situation est gelée et où les rebelles ne progressent pas ?

 

Comme Napoléon et l'hiver russe, la coalition pourrait être mise en difficulté et même en déroute par la chaleur et l'été libyen et par le ramadan. C'est ce qui motive, peut-être, l'intervention des hélicoptères avant des actions à terre.

 

Voilà pour le survol deux situations dans les deux pays.

 

Concernant la différence entre eux, c'est, bien entendu le pétrole.

En Lybie, des gisements importants exploités par le Français Total, l'Italien ENI, L'Anglais BP, Le Chinois CNP, l'Espagnol Repsol, l''Américain Exxon etc...La production tourne autour de 1 800 000 barils/jour avec la première réserve en Afrique, la neuvième dans le monde.

En Syrie, des gisements moins importants, Une production de 380 000 barils/jour et l'exploitation par une entreprise nationale syrienne ! Et puis, les affaires ont besoin de calme et de complicité du pouvoir. En effet, Total, lors d'une visite de M.Sarkozy en Syrie, a signé des accords pétroliers et gaziers avec les compagnies pétrolières syrienne, la Syrian Petroleum Company et la Syrian Gas Company, afin de "développer des projets en commun".Un autre accord prolonge de dix ans, jusqu'en 2021, le permis d'exploitation par Total du gisement pétrolier de Deir Ez Zor, dans l'est du pays, opéré conjointement par Total et la Syrian Petroleum Company.

 

Est-ce une guerre du pétrole comme on l'a vu pour l'Irak, le Koweit ? A vous de voir. Pour ce qui me concerne, le doute n'est pas permis eu égard au fait que la différence de traitement dans les deux pays ne peut, pour le moins, que m’interpeller. L'engagement d'hélicoptères, la préparation d'attaques au sol me confortent dans cette analyse.

 

 

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