Cantonales et cumul des mandats.
L’élection cantonale remet à l’honneur, si l’on peut dire, le cumul des mandats que l’on peut considérer comme la plaie béante de la démocratie!
L’histoire récente en regorge d’exemples. Chirac, cinquante ans d’activité-on peut même dire à son encontre « d’activisme » tant la pratique du pouvoir des partis godillots qui le servirent (l’UNR, le RPR) fut, dans leur histoire, assez violente dans le sens où « il » ne s’embarrassa pas de scrupules pour gagner et garder le pouvoir-en est un.
Le cumul des mandats qui a été limité par la loi pour réduire les risques de conflits d’intérêts entre les différentes fonctions exercées et qui devrait tendre à répartir le pouvoir entre diverses personnalités est encore loin, en France, d’être satisfaisant.
Est-il utile de préciser que la répartition du pouvoir est une garantie contre la mainmise sur celui-ci par quelques élus macrophages? De dire que le débat s’enrichit de la diversité, non de la pensée unique? D’ajouter qu’il peut luter, efficacement, contre l’absentéisme? D’être convaincu qu’il augmente l’efficacité des politiques publiques par une représentation plus juste du corps électoral? Préciser que les mandats des structures intercommunales comme les syndicats de communes, les communautés de communes et les communautés d’agglomération ne rentrent pas dans la loi? S’étonner que 85% des parlementaires français exercent un second mandat électif contre 20% en Allemagne que nos hommes politiques aiment bien prendre en exemple et 25% en Italie que les mêmes aiment bien moquer?
Mr Juppé, ministre d’état, ministre des Affaires Etrangères, maire de Bordeaux, 1°vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux est un exemple célèbre mais ils sont pléthore à accumuler des fonctions incompatibles avec un bon fonctionnement de chacune d’entre elles et contribuent à affaiblir la démocratie tant au niveau local qu’au niveau national et européen en favorisant l’absentéisme. Cela réduit la compétition politique par une mainmise sur les appareils qui leur donne des possibilités que les autres n’ont pas. Quelqu’un peut-il encore douter que Chirac n’ait pas profité pleinement de cette situation pour alimenter sa carrière politique jusqu’à la fonction suprême de chef de l’état?
Jean Sarkozy, inapte à décrocher une licence de droit, a tout le temps devant lui. Le temps, les réseaux et le système, dans une démocratie telle que nous la pratiquons, lui permettront d’avoir « une longue et brillante » carrière politique.
Je milite, non seulement pour l’interdiction de deux mandats cumulés mais encore pour l’impossibilité légale d’en faire deux consécutivement. L’argument qui consiste à dire que la durée est un gage de réussite ou que le fait qu’un maire soit aussi député favorise le contact de l’élu local avec le cœur de l’appareil législatif est connu mais que ne l’applique t-on à la nomination des ministres qui jouent, en permanence, aux chaises musicales?
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